Démonstration de force des agriculteurs à Rennes

Des agriculteurs bloquent une route nationale à Vannes, le 15 février 2016 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP] Des agriculteurs bloquent une route nationale à Vannes, le 15 février 2016 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]

Les agriculteurs de l'Ouest, qui multiplient depuis près d'un mois les manifestations et blocages de routes pour exiger des mesures face à la crise du secteur, ont prévu une nouvelle manifestation de force mercredi à Rennes.

A l'appel de la FRSEA et des JA de Bretagne, les agriculteurs bretons, renforcés par ceux de la Manche et de la Mayenne, sont invités à "prendre possession" du périphérique rennais à bord de leurs tracteurs en fin de matinée mercredi. Plusieurs centaines d'engins agricoles et de manifestants sont attendus.

Des agriculteurs bloquent une route nationale à Vannes, le 15 février 2016 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]
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Des agriculteurs bloquent une route nationale à Vannes, le 15 février 2016

 

En raison de cette manifestation, Patrick Strzoda, préfet de la région Bretagne, a annoncé mardi que la rocade de Rennes sera fermée de 11h00 à 17h00 et a demandé aux usagers de la route de faire preuve de "calme et de patience". Il a rencontré les responsables agricoles qui "ont pris des engagements très fermes pour rester sur la rocade", sans tenter de bloquer les entrées de ville, "et pour ne commettre aucune dégradation", a-t-il expliqué à l'AFP.

Plus de 300 policiers et gendarmes seront déployés pour assurer la circulation des véhicules sur les déviations mises en place permettant le trafic de transit mais aussi de sortir et d'entrer dans Rennes, a précisé le préfet. Un numéro vert a été mis en place (02.99.02.10.80) pour informer les usagers de la route.

Pour les organisateurs, qui veulent faire de cette grande manifestation "une vitrine de la détresse du monde agricole" l'objectif est clair: maintenir la pression sur l’État et la grande distribution.

"Alors que les négociations commerciales entre distributeurs et transformateurs touchent à leur fin et que le gouvernement commence à chanter ses promesses habituelles, ne cédons pas à la berceuse de l’État et des GMS (grandes et moyennes surfaces, ndlr) qui cherchent à nous endormir", ont affirmé mardi dans un communiqué les présidents des FDSEA et JA d'Ille-et-Vilaine.

- "Il faut tenir bon" -

Des agriculteurs bloquent la RN 165 à l'entrée de Vannes, le 15 février 2016 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]
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Des agriculteurs bloquent la RN 165 à l'entrée de Vannes, le 15 février 2016

 

Les agriculteurs, à l'origine de nombreux blocages de centrales d'achat et de grandes surfaces ces derniers jours, demandent aux GMS de sortir de la logique de la baisse des prix pour permettre aux producteurs de récupérer des marges.

De l’État, ils souhaitent qu'il œuvre à une simplification des normes, à la baisse des charges, mais aussi à la levée de l'embargo russe ou à l'étiquetage sur l'origine des produits, comme l'a rappelé lundi le patron de la FNSEA Xavier Beulin, alors que se réunissaient à Bruxelles les ministres européens de l'Agriculture.

M. Beulin, qui doit rencontrer mercredi le Premier ministre Manuel Valls, devrait lui demander une baisse de 10 points des charges sociales des agriculteurs, de 45 à 35%, une mesure chiffrée à 600 millions d'euros, pour permettre à l'agriculture française de redevenir compétitive face aux concurrents européens.

"Nous n'aurons aucune réponse mercredi soir, nous n'aurons aucune annonce exceptionnelle. Tout se joue en coulisse. Mais une chose est certaine, les mobilisations de ces dernières semaines font bouger les lignes. Il faut tenir bon", ont affirmé mardi les responsables agricoles d'Ille-et-Vilaine.

Des agriculteurs bloquent la RN 165 à l'entrée de Vannes, le 15 février 2016 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]
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Des agriculteurs bloquent la RN 165 à l'entrée de Vannes, le 15 février 2016

 

Depuis un mois les agriculteurs multiplient les actions en France, et principalement en Bretagne. Dans cette région, on ne compte plus les blocages de routes qui ont tenu parfois plusieurs jours, à grand renfort de feux et de déversements de tonnes de fumier et de déchets divers qui ont déjà occasionné près de 4 millions d'euros de dégâts, selon la préfecture de région.

Pour la manifestation de mercredi, les organisateurs ont toutefois exhorté leurs troupes à manifester "dans le respect des biens et des personnes". "La rocade de Rennes ne doit pas devenir le dépotoir de la Bretagne: tout déchargement se fera sous la responsabilité pleine et entière du chauffeur", ont-ils averti.

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