Etude Pisa : la France, un élève moyen qui peut mieux faire

Quelque 6 000 élèves français ont été testés par l'OCDE. [F. DURAND / SIPA]

Dans sa très attendue enquête Pisa, l’OCDE révèle que les performances des jeunes de 15 ans ne progressent toujours pas, malgré les réformes.

Un élève moyen qui ne pro­gres­se pas. C’est en substance l’appréciation donnée par l’OCDE à la France dans son Programme inter­­national pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), publié hier. Cette étude, réalisée tous les trois ans, se concentre sur l’apprentissage des sciences, des mathé­matiques et sur la compréhen­sion de l’écrit.

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A l’issue de tests, les quelque 6 000 élèves français de 15 ans se sont ­placés à la vingt-sixième place d’un classement de 72 pays, dominé par ­Singapour et refermé par la République ­dominicaine. Un niveau équivalent à celui des Autrichiens ou des Américains. Des performances moyennes d’autant plus inquiétantes qu’aucune progression n’est à saluer depuis dix ans.

Des inégalités toujours présentes

Si aucune baisse majeure n’a été enregistrée sur les dernières années, les élèves français ne parviennent donc pas à être mieux que «moyens». En sciences (physique et biologie), la proportion des plus faibles (22 %) est même supérieure à celle de 2006 (21 %) et à la moyenne de l’OCDE (19 %). Même constat en mathématiques, avec 24 % de plus ­faibles, contre 17 % en 2003 et 22 % en 2012.

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Pour Sylvie Bonnet, présidente de l’Union des professeurs de classes ­préparatoires scientifiques, la formation des enseignants peut être en cause. «En primaire, les professeurs n’ont géné­ralement pas de formation scientifique, ­explique-t-elle. De plus, les postes d’enseignants scientifiques ne sont attractifs ni financièrement ni en termes de reconnaissance.»

Et comme depuis 2000, date de la première enquête Pisa, les collégiens issus d’un milieu défavorisé sont les premiers à pâtir de ce niveau médiocre : 40 % sont en effet en difficulté en France, contre 34 % pour la moyenne OCDE. Un retard d’apprentissage que l’on retrouve chez les enfants issus de l’immigration, dont les performances en sciences sont inférieures de 62 points par rapport aux autres (contre 43 points en moyenne de l’OCDE). 

Des mesures pour l’avenir

Comme tous les trois ans, les résultats de l’étude Pisa mettent en lumière les éventuelles défaillances des politiques éducatives. Hier, Najat Vallaud-Belkacem s’est toutefois montrée optimiste. Elle a estimé que «les fragilités du ­système éducatif français» seront en mesure d’être réparées «en pour­suivant la politique actuelle». La ministre de l’Education, dont la réforme du collège a été mise en place à la rentrée 2016, a notamment mis en avant les ­recrutements massifs et la formation.

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«Les mesures entreprises reposent sur la participation des enseignants, or il faut les recruter et les former dans ce sens», estime Sylvie Bonnet. Reste à ­savoir quand seront visibles les premiers effets de ces réformes. Le gouvernement, lui, a donné rendez-vous à l’étude Pisa 2021.

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