Les musiques de campagne qui ont marqué l'élection présidentielle

Candidat à la présidentielle de 1981, Jacques Chirac avait à l'époque eu droit à une chanson, «Jacques Chirac, maintenant», passée depuis à la postérité. [Illustration. GEORGES PAVUNIC / AFP]

C'est un peu une tradition. A l'approche des élections présidentielles, les candidats accompagnent souvent leur message politique en musique et en chanson. Et les exemples dans l'histoire ne manquent pas.

«Jacques Chirac, maintenant» (1981)

C'est peut-être la chanson la plus emblématique et la plus efficace de notre sélection, tant on la garde en tête. Titre phare de la campagne de Jacques Chirac lors de l'élection présidentielle de 1981, «Jacques Chirac, maintenant» a été écrit et composé par Pascal Stive.  La chanson a beaucoup marqué même si elle est parfois considérée comme kitsch. 

«Mitterrand, président» (1981) 

Adversaire de Chirac en 1981, le candidat de la gauche, François Mitterrand, se devait lui aussi d'avoir son titre de campagne. L'air en question «Mitterrand, président», ressemble aux dessins animés de l'époque et commence ainsi : «On sait que ça peut être autrement sans chômage, sans mépris». On ne sait pas si cela a pesé lors du vote mais toujours est-il que cette année-là c'est bien Mitterrand qui a gagné et qui a porté la gauche au pouvoir.

Raymond Barre, «Le lièvre et la tortue» (1988)

Adversaire de Jacques Chirac, à droite, lors de la présidentielle de 1988, l'économiste Raymond Barre avait, lui aussi, en son temps cédé à la mode des clips musicaux de campagne.

«Le lièvre et la tortue», oeuvre introuvable aujourd'hui (tout juste subsistent des extraits comme celui-ci) fait référence à une célèbre citation de Barre qui se comparait à la tortue qui allait dépasser le lièvre, comprenez par là Chirac. 

Malheureusement pour lui, il n’y aura pas de second tour : Raymond Barre termine en effet au premier tour avec 16,54 % des voix contre 19,96 % à Chirac qui affrontera donc Mitterrand mais qui lui aussi perdra face au candidat du PS.

Alain Madelin, «Aux couleurs de la vie» (2002)

Si aujourd'hui il roule pour Macron, Alain Madelin a pourtant bel et bien tenté sa chance en solo lors de l'élection présidentielle de 2002.

Pour l'occasion, le candidat de «Démocratie Libérale » avait, lui aussi, eu droit à sa chanson de campagne.  L'oeuvre en question, «Aux couleurs de la vie», ne lui a toutefois pas permis de briller au premier tour puisqu'à l'époque, il n'avait récolté que 3,91 % des voix. 

Nicolas Sarkozy, «Sarko, Oh Oh» (2007)

Titre étonnant que ce «Sarko, Oh Oh» de 2007. Composée à la gloire de l'ancien président de la République, victorieux de Ségolène Royal lors de la présidentielle de l'époque, la chanson n'est pas à proprement parler une chanson de campagne mais elle a été abondamment relayée par l'UMP. Le «Go-Go Ségo KO», porté à son adversaire socialiste de l'époque, Ségolène Royal, y est peut être pour quelque-chose.

«Strauss-Kahn y va gagner», DSK (2006) 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, «Strauss-Kahn y va gagner» est bel et bien une chanson officielle puisqu’elle a servi à encourager le candidat socialiste pour les primaires PS de 2006. On connait la suite.


Ségolène Royal, «Tous avec toi» (2007)

A l'époque disponible en téléchargement depuis le site Désirs d'avenir, site de campagne de la candidate du parti socialiste à la présidentielle de 2007, «Tous avec toi» - et son clip - sont depuis quelque peu tombés dans les oubliettes.

«Le changement, c'est maintenant», François Hollande (2012)

Plus près de nous, voici la chanson de campagne de François Hollande en 2012. Reprenant simplement son slogan de campagne «Le changement, c'est maintenant», celui-ci est matraqué tout au long des trois minutes et 58 secondes que dure la chanson. Vingt fois pour le mot «changement», trente-trois fois le mot «maintenant» très exactement.

Eva Joly, clip officiel de campagne (2012)

La candidate d'Europe-Écologie Les-Verts à la présidentielle de 2012, Eva Joly, avait fait un choix étonnant puisque sa musique de campagne puise son inspiration dans le rap celtique et nous rappelle étrangement Manau, le célèbre groupe breton des années 1990.

Selon le site toptoptop.fr, on doit ce drôle de choix à deux militants, Merle-Anne Prins-Jorge et Raul Colosimo qui ont composé et chanté l'hymne de la campagne présidentielle d'Eva Joly. Les auteurs auraient ensuite sollicité le parti afin d'être payés (50.000 euros). De quoi laisser les écologistes sans voix puisqu'ils avaient demandé l'aide bénévole de leurs militants, faute de moyens. 

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