Il y aurait quelque 500.000 doublons de cartes d'électeurs

Le ministère de l'Intérieur assure qu'un «répertoire unique des électeurs» serait «opérationnel d'ici fin 2019». [Sébastien BOZON / AFP]

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a interpellé le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl sur des dysfonctionnements dans l'envoi des cartes d'électeurs et la multiplication de doublons posant potentiellement un «risque démocratique».

«De nombreux électeurs ont récemment signalé avoir reçu deux cartes électorales établies par différentes mairies», a indiqué Jean-Christophe Lagarde. «Qu'il s'agisse de négligence ou de démarches volontaires, et bien qu'il soit difficile d'évaluer leur importance, ces anomalies pourraient constituer un risque démocratique à l'approche d'une élection aussi décisive pour l'avenir de notre pays et de nos concitoyens», ajoute-t-il dans sa lettre à Matthias Fekl datée du 12 avril.

 

Un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) d’octobre 2014 soulevait déjà de nombreux dysfonctionnements en la matière. Selon ses comptes, dans 95% des communes, le nombre d’inscrits sur les listes électorales n’est pas conforme au nombre d’électeurs figurant sur le fichier national des électeurs. A cette date, on comptait même 500.000 électeurs de plus que le fichier national, soit autant de possibles doubles inscrits. Lors de la présidentielle de 2012, ce nombre aurait atteint 400.000 personnes, soit 0,87% du corps électoral.

«Je veux que le ministre fasse son boulot»

«Je veux que le ministre fasse son boulot et règle cette situation d'ici au 23 avril», le premier tour de la présidentielle, a insisté Jean-Christophe Lagarde dans le Parisien de samedi, suggérant «un audit». «Des électeurs malhonnêtes peuvent voter deux fois, et il y a un réel risque de fraude électorale. C'est d'autant plus sensible que cette année le résultat s'annonce très, très serré. Pour la présidentielle, mais aussi pour les législatives (des 11 et 18 juin, ndlr), où un candidat peut être qualifié à une voix près», ajoute Jean-Christophe Lagarde dans Le Parisien.

Selon lui, ces anomalies surviennent en cas de déménagement, «lorsqu'un électeur s'inscrit dans la commune où il est domicilié en cochant la case "première inscription" alors qu'il l'était déjà auparavant dans une autre commune». «Les mairies ne disposent pas des outils nécessaire pour s'assurer que leurs électeurs ne sont pas également inscrits dans une autre commune», assure Jean-Christophe Lagarde, estimant qu'«un croisement des données dont dispose l'INSEE, notamment les noms, dates et lieux de naissance des électeurs, pourrait permettre de révéler les éventuels doublons et de les corriger».

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a indiqué que cette «question des doubles inscriptions» était «identifiée» et qu'un «répertoire unique des électeurs» serait «opérationnel d'ici fin 2019». En attendant, notamment pour les élections de ce printemps, «l'Insee poursuit son travail avec les communes» afin de résoudre le problème, a-t-il assuré.

Toutefois, «chacun sait parfaitement qu'il n'a qu'une voix», a souligné le porte-parole de l'Intérieur, qui rappelle que «voter deux fois peut coûter très cher : la loi prévoit des peines allant de six mois à deux ans de prison et 15.000 euros d'amende». «De plus, le fraudeur a toutes les chances d'être démasqué, puisque les listes électorales font l'objet de croisements et de vérifications après les scrutins», a prévenu Pierre-Henry Brandet.

 

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