Affaire Ferrand : l'avocat à l'origine de la transaction immobilière «choqué» par la manoeuvre

Les Mutuelles de Bretagne dont Richard Ferrand était le directeur général avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins.[GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Une nouvelle charge à l'encontre du ministre de la Cohésion des territoires. L'avocat à l'origine de l'opération financière s'est dit «choqué» à l'époque par la manoeuvre.

 

Malgré la décision du parquet national financier de ne pas ouvrir d'enquête, Me Alain Castel parle d'un «arrangement familial». Une déclaration reccueillie par le quotidien Le Parisien.

«J'ai tout de suite compris la manoeuvre»

Selon Le Canard enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était le directeur général, avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins. Entre trois propositions, c'est celle d'une société civile immobilière - appartenant à son épouse - qui a été retenue.

Selon Me Alain Castel, ancien bâtonnier de Brest, «cela arrangeait tout le monde, à commencer par mon client. Mais j'ai tout de suite compris la manoeuvre, et cela m'avait choqué à l'époque.» Puisque «Richard Ferrand allait louer l'immeuble à la mutuelle et il allait s'enrichir avec tous les travaux à la charge de celle-ci», explique-t-il.

Car la charge des travaux à réaliser dans les locaux nouvellement loués était à la charge des Mutuelles de Bretagne. Et ce pour un montant de 184.000 euros. Ainsi, ce serait «un arrangement familial» qui aurait permis au couple Ferrand de se constituer un patrimoine à moindre frais, précise le Canard enchaîné.

Cambadélis appelle à la démission de Ferrand

Ils sont nombreux, lundi matin, à appeler à la démission du nouveau ministre de la Cohésion des territoires. Notamment le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a estimé que Richard Ferrand devrait démissionner. «Il doit prendre en compte le fait que la situation est intenable, on passe plus de temps à discuter de ça que de la réforme sur le code du travail», a-t-il expliqué.

Pour l'heure, le gouvernement ne change pas de position. Pour le Premier ministre Edouard Philippe, c'est aux Français de trancher le sort de son ministre lors des prochaines élections législatives, les 11 et 18 juin.

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