Des combats de rue entre adolescents diffusés sur Internet

La Mairie de Beauvais a ouvert une enquête. [FRED TANNEAU / AFP]

Un phénomène inquiétant. À Beauvais, dans l’Oise, des lycéens organisent des combats de rues qu’ils filment avant de retransmettre les images sur les réseaux sociaux.

Le phénomène comptait même sa propre page Facebook, suivie par près de 500 personnes, dont la grande majorité serait mineure. C’est là qu'étaient diffusées les vidéos des combats, des images parfois très choquantes. Les plus partagées comptent près de 10.000 vues. 

Ces vidéos permettent de mieux comprendre le phénomène et de constater que ces bagarres sont organisées et non spontanées. De fait, sur certaines d'entre elles, on peut noter la présence d’un arbitre, ou même d’un salut entre deux adversaires à la fin d’un combat. 

«Ca frappe de plus en plus fort»

Malgré ces «précautions», les images témoignent d’une réelle violence, comme le raconte un élève du collège Henri-Baumont, cité par Le Parisien : «Cela fait un peu plus d’un mois que ça a commencé. À la base, c’était juste de la lutte, avec l’objectif de mettre l’autre par terre. Mais depuis que c’est filmé, ça frappe de plus en plus fort. Ce sont des dangereux». 

Le phénomène risque de prendre de l’ampleur, notamment parce que certains «grands» en profiteraient pour mettre en place un système de pari visant à gagner de l’argent sur le dos de ces bagarres organisées. 

Selon les informations de France 3, la mairie de Beauvais est bien consciente de l’affaire, comme l’explique Alexandre Papion, directeur prévention et sécurité à la Ville : «nous avons été alertés après une bagarre qui s’est déclenchée sur la place Foch. La police est intervenue et un peu plus tard, le fils d’un de nos agents a signalé que la vidéo de la bagarre tournait sur Snapchat». 

Ouverture d'une enquête

En se renseignant, les services de la ville ont débusqué la page Facebook servant à centraliser ces vidéos. Dès lors, ils ont ordonné l’ouverture d’une enquête, confiée à la police nationale, qui devra identifier les meneurs du mouvement et déterminer si le choix de participer à ces combats était libre ou non. La page Facebook, elle, a depuis disparu, sans que l’on sache si son auteur l’a supprimée face à la médiatisation du phénomène, ou si elle a été signalée. 

La Ville a également pris la décision d’alerter les services scolaires afin de sensibiliser les établissements et de mettre en place des actions de prévention. «Certains établissements ont pris des sanctions, convoqué les familles et entrepris des actions de prévention. D’autres, moins nombreux, ont estimé qu’ils n’avaient pas à intervenir car ces bagarres ont eu lieu sur la voie publique et non au sein du collège», explique encore Alexandre Papion. 

Un groupe de travail devrait être mis en place dans les jours à venir afin de trouver des leviers d’actions. «Il faut non seulement comprendre ce qui pousse les jeunes à en arriver là, déterminer s’il s’agit de jeunes en difficulté qu’on pourrait mieux accompagner, mais aussi sensibiliser les élèves à l’utilisation des réseaux sociaux», conclut le directeur prévention et sécurité à la Ville.

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