La Russie aurait créé de faux comptes Facebook pour espionner Macron pendant sa campagne

Après ces opérations, Facebook a supprimé 70.000 faux comptes. [LEON NEAL / AFP]

Reuters a révélé ce jeudi 27 juillet que les services de renseignement russes auraient tenté d’espionner Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle en utilisant Facebook.

Et pour glaner des informations sur celui qui a été élu président, ces espions auraient créé une vingtaine de faux comptes afin de contacter des membres de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron jusqu’en avril. D’après les révélations d'un député américain et de deux employés de Facebook, ces agents se seraient alors fait passer pour des «amis d’amis» afin de nouer des contacts.

Ces tentatives de rapprochement avaient deux buts : soutirer des informations personnelles sur le candidat d’En Marche !, et amener son équipe de campagne à télécharger un logiciel malveillant afin de mettre la main sur leurs identifiants.

Mais les employés de Facebook ont rapidement découvert ce petit manège lors du premier tour de l’élection présidentielle, si bien que les imposteurs n'auraient pas eu le temps de pirater les comptes de l'équipe de campagne. Après avoir été alerté par son personnel, Facebook a procédé à la suppression de 30.000 faux comptes en avril. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 70.000. 

Le groupe qui avait piraté Hillary Clinton impliqué ?

Le réseau social n’a pas été en mesure de déterminer avec précision qui se cachait derrière cette opération d’espionnage. Mais les deux sources de Reuters ont néanmoins affirmé que ces techniques ressemblaient fortement à celles qu’utilisent un groupe de hackers russes, les Fancy Bear (ou APT 28), affiliés aux services de renseignement russes. C’est d’ailleurs ce même groupe qui aurait piraté le Parti démocrate d’Hillary Clinton pendant sa campagne présidentielle de 2016.

Mounir Mahjoubi, qui était responsable du numérique pendant la campagne et occupe actuellement le poste de secrétaire d’Etat en charge du numérique, a refusé de commenter cette enquête. Mais au mois de mai, il avait confié à Reuters que des experts de la sécurité informatique soupçonnaient des membres des services russes, sans toutefois posséder de preuves.

Pendant cette campagne, un autre membre de l’équipe d’Emmanuel Macron avait directement accusé la Russie de mener des attaques contre le mouvement : au mois de février, Richard Ferrand avait ainsi dénoncé «des milliers d’attaques numériques en provenance des frontières russes».

Les services de renseignement russes ont gardé le silence malgré les sollicitations de Reuters. Quant au président Vladimir Poutine, il a toujours nié toute interférence dans la campagne présidentielle française, même s'il avait affiché une certaine proximité avec Marine Le Pen

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