Paris : quel bilan 1 an après l'ouverture de la «salle de shoot» ?

Plus de 53 000 consommations, supervisées par l'association Gaïa, ont eu lieu dans la SCMR depuis l'ouverture de cet espace. Plus de 53 000 consommations, supervisées par l'association Gaïa, ont eu lieu dans la SCMR depuis l'ouverture de cet espace.[© PATRICK KOVARIK / POOL / AFP]

Ouverte le 17 octobre 2016, il y a un an, la salle de consommation à moindres risques (SCMR) – la «salle de shoot» parisienne accolée à l'hôpital Lariboisière (10e) – a dressé à cette occasion son bilan.

Gérée par l'association Gaïa, qui vient depuis plusieurs années à la rencontre des toxicomanes de ce quartier parisien, la SMCR a été imaginée et conçue afin de «réduire les risques d'overdose», «accompagner les consommateurs», «améliorer l'accès aux services sociaux pour les toxicomanes» et «réduire les nuisances dans l'espace public».

Un an après, celle qui était la première salle de ce type à ouvrir en France affiche fièrement ses chiffres de fonctionnement : «800 personnes inscrites dans le dispositif», «53 582 consommations dans l'espace dédié». Soit une moyenne de 165 consommations par jour.

Une ouverture «pertinente»

Pour le docteur Thomas Dusouchet, pharmacien coordinateur de la SCMR, il s'agit d'accompagner les toxicomanes. «Avec nous, ils vont pouvoir parler de dépistage, d'hébergement, mais également de leur situation sociale et familiale», a-t-il énuméré.

Au total, 827 consultations ont été réalisées par les médecins ou les infirmiers Gaïa, 324 usagers ont été reçus pour des entretiens sociaux et 123 tests de dépistages des maladies infectieuses (VIH, hépatites) ont été effectués.

«Le bilan positif de cette première année, en termes de santé publique, confirme la pertinence de l'ouverture d'une SCMR à Paris», a fait savoir l'association, qui s'est engagée pour une période d'expérimentation de six ans. 

Des riverains excédés

Mais ouverte uniquement de 13h30 à 20h30, la SMCR ne suffit pas à régler le problème de consommation dans le quartier, touché depuis plusieurs décennies par la toxicomanie de rue.

Une situation qui exaspère les associations de riverains, très actives sur les réseaux sociaux. Photos à l'appui, elles dénoncent les attroupements de toxicomanes autour de la «salle de shoot» même en période de fermeture. Or, certains consommateurs n’hésitent pas à se droguer dans la rue ou à s’introduire dans des immeubles du quartier pour y dormir.

«Les progrès en termes de tranquillité publique ne sont pas assez visibles», a admis Rémi Féraud, l’ancien maire socialiste du 10e. L’expérimentation de la SCMR doit encore durer cinq ans.

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