Apprendre à manger plus sainement avec le nouveau dispositif Nutri-score

Agnès Buzyn a défendu le Nutri-score, comme un outil juste, compréhensible par tous, et permettant de lutter contre les inégalités sociales. Agnès Buzyn a défendu le Nutri-score, comme un outil juste, compréhensible par tous, et permettant de lutter contre les inégalités sociales. [AFP / BERTRAND GUAY]

Réunis au sein du ministère de la Santé, Agnès Buzyn, la ministre de tutelle, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, et Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat chargé de l'Economie, ont officiellement signé ce mardi le Nutri-score, un dispositif inédit d'étiquetage nutritionnel pour les produits alimentaires, en présence d'industriels et d'associations de consommateurs. 

 «C'est un système compris par tous, et qui est donc plus susceptible de modifier le comportement des consommateurs», s'est ainsi réjouie Agnès Buzyn à propos du Nutri-score.

Qu'est-ce que le Nutri-score exactement ? Concrètement, c'est un repère graphique qui synthétise en cinq classes le score nutritionnel des aliments. Il utilise une échelle de cinq couleurs (du vert foncé au orange foncé), associées à des lettres allant de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E (moins bonne qualité nutritionnelle). Le consommateur peut donc facilement comparer les produits lorsqu'il fait ses courses.

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Ce dispositif imaginé en janvier 2016 sous l'impulsion de Marisol Touraine, avec la loi de Modernisation de notre système de santé, a déjà été adopté par certaines grandes enseignes. Auchan, Leclerc, Intermarché, Fleury Michon, Danone et Mc Cain se sont ainsi associés à cette démarche. 

«Trouver des solutions innovantes pour les consommateurs»

Chez Fleury Michon par exemple, 60 produits portent déjà le logo, ils seront 250 (soit l'ensemble de la gamme), d'ici 2018. La marque Intermarché a, quant à elle, affirmé avoir depuis six mois retravaillé près de 1.000 recettes, en réduisant le taux de sels, de matières grasses et d'additifs.

Ces grands groupes sont censés donner l'exemple aux autres industriels qui seraient plus réticents à adopter la démarche. «Il s'agit d'une dynamique vertueuse, pour faire que les autres professionnels adhèrent spontanément», insiste ainsi la ministre de la santé. 

Agnès Buzyn a travaillé en étroite collaboration avec le ministre de l'agriculture Stéphane Travert, qui a martelé son envie de trouver des «solutions innovantes et durables pour les consommateurs comme pour les producteurs». Mais également avec Benjamin Griveaux, qui a rappelé que Bercy était aussi le ministère des «consommateurs, car il les accompagne dans leur vie quotidienne, notamment grâce au travail des agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes». 

Lutter contre l'obésité et le surpoids

De l'avis des trois ministres, Nutri-score est le meilleur outil pour favoriser une alimentation équilibrée.

La nourriture influe, il est vrai, sur le risque de développement des pathologies les plus fréquentes en France comme les cancers ou les maladies cardiovasculaires. Mais aussi sur le surpoids ou l'obésité.

Agnès Buzyn en a ainsi profité pour rappeler les déterminants sociaux qui pèsent sur notre rapport à l'alimentation. «Depuis une dizaine d'années, la prévalence de l'obésité stagne en moyenne en France (17% chez les adultes, 4% chez les enfants), mais les inégalités sociales tendent à augmenter : près de 24% des enfants de parents ayant un niveau d'étude inférieur au bac sont en surpoids ou obèses, contre moins de 9% lorsque les parents ont un niveau licence ou plus». Le Nutri-score se veut donc un outil de lutte contre les inégalités sociales. 

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