Violences faites aux femmes : Macron s'engage à «traquer» ceux qui pratiquent l'excision en France

Emmanuel Macron a demandé «une attention particulière» pour les femmes migrantes qui en fuyant leur pays «cherchent à fuir aussi l'excision».[AFP / ARCHIVES]

Dans son discours ce samedi 25 novembre, à l'occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Emmanuel Macron a promis de «traquer» ceux qui pratiquent l'excision en France et demandé «une attention particulière» pour les femmes migrantes qui en fuyant leur pays «cherchent à fuir aussi l'excision».

Le chef de l'Etat a défendu «le caractère universel des droits des femmes». «Nous veillerons aussi pour les femmes françaises soumises à l'excision à traquer partout ceux pratiquent cette barbarie», a-t-il dit, demandant aussi d'avoir «une attention toute particulière pour les femmes migrantes qui fuient leur pays car elles cherchent aussi à fuir l'excision pour elles-mêmes et leurs petites filles».

L'âge du consentement

Le président a également déclaré l'égalité entre les femmes et les hommes «grande cause du quinquennat», et a plaidé pour un âge de consentement minimum à un acte sexuel fixé à 15 ans.

«J'ai une conviction personnelle que je veux vous partager, nous devons aligner l'âge de consentement sur celui de la majorité sexuelle, à 15 ans, par souci de cohérence et de protection des mineurs», a déclaré Emmanuel Macron à l'Elysée. Le sujet doit être débattu en 2018 dans le cadre d'un projet de loi contre «les violences sexuelles et sexistes».

Le président a également annoncé la mise en place d'un «délit d'outrage sexiste» avec amende «dissuasive» pour les cas de harcèlement de rue.

M. Macron a fait observer une minute de silence en hommage aux 123 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2016 samedi à l'Elysée à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes. «C'est notre société entière qui est malade du sexisme», a déclaré le président de la République, détaillant ses «trois priorités» pour les cinq prochaines années : 

L'éducation et le combat culturel en faveur de l'égalité

Un meilleur accompagnement des victimes

Un renforcement de l'arsenal répressif

«La France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur», a ajouté Emmanuel Macron, qui s'exprimait devant 200 personnes représentant les associations, les institutions et la classe politique à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Réguler les jeux vidéos et les vidéos sur Internet

Le président souhaite également «étendre les pouvoirs du CSA» en 2018, pour qu'il régule aussi les vidéos sur internet ou encore les jeux vidéos pour lutter contre «les contenus qui peuvent fragiliser ou conduire à la violence contre les femmes».

Au sujet de la pornographie sur Internet, accessible aux enfants, Emmanuel Macron a estimé qu'«en 2018, nous devons repenser le cadre de notre régulation des contenus, en particulier les contenus audiovisuels en prenant en compte l'évolution du numérique et afin d'étendre les pouvoirs de régulation du Conseil supérieur de l'audiovisuel» pour ce «contrôle indispensable sur tous les contenus qui peuvent conduire à la violence contre les femmes». Il a aussi annoncé pour 2018 des «modifications législatives» pour «poursuivre ceux qui agissent sur Internet pour harceler».

Un module d'enseignement dans toutes les écoles

Emmanuel Macron a annoncé samedi la mise en place, dès 2018, d'un «module d'enseignement» dans toutes les écoles du service public consacré «à la prévention et à la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences» faites aux femmes.

«Dès 2018, un grand plan de formation initiale et continue sera déployé dans le secteur public, avec une attention particulière portée sur la formation des cadres», a également déclaré le président de la République lors d'un discours à l'Elysée sur la lutte contre la violence faites aux femmes.

Des unités spécialisées mises en place

Le président a également annoncé la création «dès 2018», dans les centres hospitaliers, «d'unités spécialisées» dans la prise en charge psychotraumatique des femmes victimes de violences, avec 10 unités prévues dans les «mois qui viennent» en France métropolitaine «à titre pilote».

Face à l'«effet dévastateur» des violences subies par les femmes, «nous souhaitons (...) créer dès 2018, dans les centres hospitaliers, des unités spécialisées dans la prise en charge globale du psychotrauma», a-t-il déclaré. «Dix de ces unités seront créées en France métropolitaine dans les mois qui viennent à titre pilote» a-t-il ajouté, précisant que "les soins psychotraumatiques (...) pourront être pris en charge par la sécurité sociale».

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