Jean-Luc Mélenchon se définit comme un «indépendantiste français»

Jean-Luc Mélenchon affirme que sa ligne, «ce n'est pas le Frexit».[AFP / ARCHIVES]

Dans un entretien aux Echos consacré à l'avenir de l'Union européenne, Jean-Luc Mélenchon s'est définit comme «un indépendantiste français», estimant que la France devrait pouvoir conserver sa contribution nette au budget de l'Union européenne lorsqu'elle est en déficit excessif.

«Le mot ‘souverainisme’ nous aurait convenu s'il n'avait pas été utilisé dans un sens nationaliste qui ne convient pas à notre façon de voir. Si je suis souverainiste, c'est au sens de la souveraineté du peuple. Je suis plutôt un indépendantiste français», a déclaré le député de Marseille aux Echos.

«Dans les années 1990, je militais pour un vrai fédéralisme. J'appelais à une constituante européenne. Mais j'ai réalisé en 2005 (référendum sur la constitution européenne, NDLR) que cette voie était impossible. A présent nous voici plus proches du modèle du Saint-Empire romain germanique que de la marche vers la république universelle à laquelle je rêvais», a-t-il ajouté. «De plus, la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays Baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranées comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?», a-t-il encore demandé.

«Ma ligne, ce n'est pas le Frexit»

«Nous sommes l'un des derniers pays en procédure de déficit excessif et dans le même temps nous versons 20 milliards au budget européen pour n'en récupérer que 14 milliards. 6 milliards de dons ! Cela s'appelle une dépense somptuaire. Payer des routes aux Roumains et des aéroports aux pays Baltes, c'est utile, mais ce n'est pas dans nos moyens actuels. Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards», a estimé le leader de La France Insoumise.

«Qu'on ne caricature pas ma position, ma ligne, ce n'est pas le Frexit. Je crois à la puissance française. En Europe, ses intérêts fondamentaux doivent être protégés. Faire l'Europe ? Oui, si c'est sans défaire la France !», a lancé Mélenchon. Pour l'élu, «il faut sortir des traités, notamment des deux derniers budgétaires qui sont les pires, et passer à autre chose», «une politique keynesienne». «La vraie réponse passe par la fin de trois verrous : l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la BCE pour que celle-ci puisse prêter aux États». Jean-Luc Mélenchon prône également le «rachat de la dette publique par la BCE. Au maximum, cela produira de 5 à 6 points d'inflation ! Et alors ?»

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