Rougeole : Agnès Buzyn demande aux personnes non vaccinées de faire un «rattrapage»

L'épidémie de rougeole a contaminé 213 personnes en Nouvelle-Aquitaine depuis le début du mois de novembre 2017, principalement en Vienne et Gironde.[AFP / ARCHIVES]

Suite au décès d'une jeune femme, qui avait contracté la rougeole, au CHU de Poitiers (Vienne), Agnès Buzyn a demandé aux personnes non vaccinées de faire un «rattrapage».

La ministre de la Santé a demandé mercredi «à toutes les personnes qui ne sont pas vaccinées (contre la rougeole) ou qui n'ont pas fait vacciner leurs enfants de faire un rattrapage».

«Quand une couverture vaccinale de la population est insuffisante, les personnes les plus vulnérables l'attrapent», a ajouté Agnès Buzyn sur France Inter. «Dans certaines régions de France, la couverture est autour de 70%, c'est totalement insuffisant pour empêcher une épidémie d'émerger», a-t-elle affirmé.

Agnès Buzyn a souligné que «pratiquement tous les cas de rougeole sont survenus soit chez des gens non vaccinés, soit n'ayant reçu qu'une seule dose dans leur vie, alors que deux doses étaient recommandées à l'époque».

«Elles sont maintenant obligatoires en raison de la gravité de la maladie», a dit la ministre, rappelant que «dans une épidémie de rougeole, il y aura un décès sur 3.000 cas, une encéphalite avec séquelles pour 1.500 cas (...) et des pneumopathies beaucoup plus fréquentes».

Une épidémie en Nouvelle-Aquitaine

Cette femme non vaccinée, âgée de 32 ans et résidant à Poitiers, est morte le 10 février, selon le CHU. L'ARS précise dans un communiqué qu'elle avait été hospitalisée le 1er février puis placée en réanimation le lendemain.

Une épidémie de rougeole sévit en Nouvelle-Aquitaine depuis le début novembre 2017. D'après un dernier décompte du 6 février, l'agence régionale de santé (ARS) annonçait 213 personnes contaminées en Nouvelle-Aquitaine depuis le début du mois de novembre 2017, principalement en Vienne et Gironde, rapporte France 3 régions

L'ARS recense à ce jour 269 cas confirmés, dont un sur quatre (66) a nécessité une hospitalisation, et pour quatre des patients une admission en réanimation.

L'ARS a indiqué que 57 malades ont été hospitalisés, soit plus du quart des personnes touchées. «90% des cas de rougeole n'étaient pas ou mal vaccinés (deux doses sont nécessaires pour être protégé)», a précisé l'agence régionale de santé, qui incite tous les néo-aquitains à vérifier leur vaccination. «Cette annonce renforce la nécessité, pour l'ensemble de la population, de vérifier rapidement sa vaccination, seul moyen de stopper l'épidémie», souligne l'ARS, rappelant qu'il «n'existe pas de traitement pour soigner cette maladie» très contagieuse puisqu'un malade peut contaminer jusqu'à 20 personnes.

Des complications très graves

«La rougeole n'est pas une maladie bénigne, notamment pour les nourrissons et les adultes et peut entraîner des complications respiratoires (pneumopathies) et neurologiques (méningo-encéphalite) pouvant avoir des conséquences très graves», insiste l'ARS.

Le CHU de Poitiers a «décidé d'imposer le port d'un masque pour toute personne se présentant aux services d'urgences adultes et pédiatriques».

L'ARS explique que «la couverture vaccinale en Nouvelle-Aquitaine est actuellement insuffisante pour faire face à cette épidémie : selon les données de Santé publique France, elle varie de 70,8 % à 81 % selon les départements quand l'Organisation Mondiale de la Santé recommande une couverture de 95 %».

Un vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est recommandé dès la petite enfance à 12 et 18 mois (deux doses). Il peut être rattrapé à tout âge si le doute existe ou si les deux doses n'ont pas été administrées. Il fait partie des onze vaccins devenus obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier, selon un nouveau calendrier vaccinal rendu public le 9 février. 

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