Macron face aux Français

Emmanuel Macron sera, ce jeudi, l’invité du journal télévisé de 13h de Jean-Pierre Pernaut sur TF1. Emmanuel Macron sera, ce jeudi, l’invité du journal télévisé de 13h de Jean-Pierre Pernaut sur TF1. [© CHARLES PLATIAU / POOL / AFP]

Confronté à des mouvements sociaux d’ampleur, le chef de l’Etat a l’intention d'expliquer, tout en étant déterminé.

Une prise de parole attendue. Jusqu’ici discret dans les médias, alors que plusieurs mouvements sociaux se succèdent dans le pays, Emmanuel Macron sort du silence ce jeudi. Il sera ainsi l’invité du journal télévisé de 13h de Jean-Pierre Pernaut sur TF1.

Un événement à la forme inhabituelle, qui devrait durer une heure, et sera diffusé en direct depuis une école, celle du petit village normand de Berd’huis, dans l’Orne. L’objectif, selon le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux : «faire de la pédagogie» sur les réformes, afin de «remettre de la perspective» dans l’action présidentielle.

Un exercice stratégique

Si Macron devrait ainsi faire le lien avec les déclarations du début de la semaine, où une bonne partie du gouvernement s’était déjà succédée sur les plateaux et dans les colonnes des journaux, le chef de l’Etat «répondra à toutes les questions», assure-t-on à l’Elysée. Et celles-ci ne manquent pas.

Il sera sans aucun doute interrogé au sujet de la grève intermittente de la SNCF, qui bloque le pays deux jours sur cinq, mais aussi sur le blocage de plusieurs universités, en passant par la baisse du pouvoir d’achat de certaines catégories de Français. L’évacuation complexe de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes sera aussi au menu, tout comme la situation en Syrie. Alors que l’éventualité de frappes françaises contre le régime de Bachar al-Assad se fait de plus en plus pressante, la parole présidentielle, dans ce dossier, a du poids.

Avec cet entretien face à Jean-Pierre Pernaud, le président aura surtout la possibilité de s’adresser au cœur de la France. Fort d’une audience moyenne de 5,3 millions de téléspectateurs, le rendez-vous de 13h est en effet plébiscité par les seniors et les ruraux. Deux électorats qui ont peu voté pour lui à la présidentielle. Depuis, ils ont même régulièrement manifesté leur opposition, à la hausse de la CSG, la réforme des retraites, ou encore la limitation à 80 km/h sur les routes.

A l’heure où, selon un récent sondage Elabe, la cote de confiance du chef de l’Etat recule, l’exercice lui permettrait ainsi de «sortir de son image de ‘président des riches’, jeune, glamour et parisien», note le politologue Philippe Moreau-Chevrolet.

Une opinion à convaincre

Mais les probabilités pour que l’intervention d’aujourd’hui éteigne toute contestation restent minces. Réclamant une «vraie discussion», les syndicats évoquent en effet un «écran de fumée». «En réalité, Emmanuel Macron n’essaie pas de convaincre ses adversaires, mais l’opinion publique», selon la sémiologue Virginie Spies. Conscient que le moment est crucial, le président doit d’ailleurs reprendre la parole dimanche, face à deux intervieweurs chevronnés, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel.

Une stratégie qui dénote avec la communication de l’Elysée, jusqu’ici fondée sur la rareté de la parole présidentielle. «C’est un signe que Macron ressent le besoin d’expliquer, en personne, la cohérence de ses mesures – preuve qu’elle n’est pas si évidente», souligne Virginie Spies. Sauf si le chef de l'Etat accepte, jeudi midi, de faire quelques concessions, la bataille pour le soutien des Français va se poursuivre.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles