Mort de Naomi : la famille déposera une plainte d'ici à vendredi et s'exprimera jeudi après-midi

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé mercredi qu'elle recevra les médecins urgentistes la semaine prochaine alors que la famille de Naomi Musenga, décédée fin décembre après avoir été raillée par une opératrice du Samu, déposera une plainte d'ici à vendredi.

C'est ce qu'a indiqué à l'AFP Me Mohamed Aachour, l'un des avocats de la famille de la victime.

«Elle sera déposée aujourd'hui ou au plus tard vendredi, jeudi étant férié», a déclaré l'avocat. «Ce que l'on souhaiterait, c'est qu'au-delà de l'enquête préliminaire (ouverte mercredi par le parquet de Strasbourg, NDLR) il y ait une information judiciaire qui soit ouverte», a-t-il souligné. 

Pour la famille qui s'exprimera jeudi après-midi, il s'agit de «connaître les causes de la mort», a poursuivi l'avocat et de savoir si lors de l'appel au Samu «les choses se sont faites correctement ou pas».

L'opératrice suspendue

Le directeur des hôpitaux universitaires de Strasbourg, Christophe Gautier, a annoncé de son côté, un peu plus tôt dans la journée, avoir suspendu à titre conservatoire l'opératrice du Samu qui avait reçu l'appel de Naomi Musenga. Une enquête préliminaire a, par ailleurs, été ouverte.

«J'avais déjà procédé à son affectation à un autre service le 2 mai, mais je n'avais pas encore procédé à son audition. C'est chose faite depuis avant-hier, dans le cadre de la procédure d'enquête administrative ouverte après les révélations d'Hebdi», a-t-il confirmé à France Info.

Auparavant, Christophe Gautier avait indiqué à France 3 que la jeune femme avait été affectée à un autre service, «de façon à ce qu'elle ne soit plus sur un rôle de réponse aux patients». «Une première analyse laisse à penser que les conditions de traitement de l'appel n'ont pas été conformes aux bonnes pratiques, mais seule l'enquête pourra le déterminer», avait-il précisé.

La diffusion de la conversation entre Naomi Musenga, victime quelques minutes plus tard d'un syndrome de défaillance multiviscérale, et des opérateurs du Samu, a provoqué une vaguer d'indignation, poussant la ministre de la Santé, Agnès Buzyin, à demander une enquête de l'IGAS sur ces «graves dysfonctionnements».

Pour rappel, voici la retranscription de la conversation entre Naomi et le Samu.

Le 29 décembre dernier, Naomi Musenga appelle le Samu en disant « aidez-moi ».

-Si vous ne me dites pas ce qui se passe, je raccroche », explique l’opératrice.

-Madame j’ai très mal, répond Naomi

-Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d’accord ? Voilà, vous appelez SOS médecins

- Je peux pas

- Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appelez les pompiers, mais vous ne pouvez pas…

- Je vais mourir.

- Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde.

- Vous appelez SOS médecins, c’est 03 88 75 75 75, d’accord ?

- S’il vous plaît, aidez-moi madame…

- Je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez.

- J’ai très mal, j’ai très très mal.

- Et où ?

- J’ai très mal au ventre […] et mal partout.

- Oui, ben, vous appelez SOS médecins au 03 88 75 75 75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. 03 88 75 75 75. Qu’un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d’accord ?

- D’accord (dit dans un murmure).

- Au revoir.

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