Nicolas Hulot au secours de la nature

Faune et flore menacées, sols pollués, urbanisation exponentielle… Le ministre veut enrayer un phénomène alarmant.

La caution verte du gouvernement à l’offensive. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, doit présenter ce mercredi en comité interministériel son plan pour la biodiversité, destiné à enrayer le déclin des espèces animales et végétales en France.

Une cause aussi vitale que la lutte contre le changement climatique, autre cheval de bataille de l’écologiste qui, dès son arrivée au gouvernement il y a un an, a tiré la sonnette d’alarme sur des enjeux cruciaux (pollution de l’air, déchets nucléaires, bien-être animal…).

En mai, il avait fixé «un grand horizon» – l’année 2030 – pour «que notre pays» arrête de «détruire la nature» et devienne «exemplaire» en matière de protection de la faune et de la flore. Le compte à rebours est lancé.

Des actions multiples

Le plan d’action, fruit de trois semaines de consultations citoyennes sur Internet, se veut global. Il comprendrait notamment la réduction du nombre de terres artificialisées, à savoir les sols bâtis et goudronnés, qui représentent aujourd’hui près de 10 % du territoire. Autre piste envisagée, l’interdiction de tout rejet de plastique en mer d’ici à 2025, alors que son recyclage n’est que de 22 % actuellement dans le pays.

Outre la création ou l’extension de vingt réserves nationales d’ici à la fin du quinquennat, Nicolas Hulot pourrait aussi, comme espéré par les associations, envisager certains leviers fiscaux pour sanctionner les comportements les plus néfastes. Dans la même veine, le ministre, qui a obtenu la probable inscription de «la préservation de la diversité biologique» dans l’article 1 de la Constitution, veut faire davantage pression sur les géants économiques pour qu’ils limitent l’exploitation des ressources ou la destruction des milieux naturels.

Car le constat est, selon lui, alarmant. Près d’une espèce animale sur trois (18 000 au total) est menacée d’extinction sur le territoire. Parmi elles, des mammifères (lynx, loup, vison d’Europe, lapin de garenne…), mais aussi des amphibiens ou des oiseaux – dans les campagnes, ces derniers ont vu leur population chuter d’un tiers en quinze ans. A l’instar des abeilles (jusqu’à 90 % de pertes l’an dernier) ou des vers de terre, le nombre d’insectes en Europe s’est, lui, réduit de 80 % en trois décennies.

Même alerte pour la flore, du fait de l’urbanisation et de l’usage des pesticides. Au moins 500 espèces végétales seraient en danger. Sans compter les zones humides, dont seules 50 % demeurent en bon état, ou les cours d’eau, de plus en plus fragmentés par les obstacles (barrages, moulins…).

Partira, partira pas ?

Si l’enjeu est crucial pour la nature, il l’est tout autant pour le n °3 du gouvernement. Car, si Nicolas Hulot a obtenu des victoires en un an (fin des hydrocarbures, bio dans les cantines, abandon de Notre-Dame-des-Landes…), il a dû reculer sur d’autres dossiers (sortie du glyphosate, vidéosurveillance dans les abattoirs, traité Ceta, autorisation de la mégamine d’or en Guyane…).

Alors que les rumeurs l’imaginent régulièrement sur le départ à cause de ses désac­cords avec l’exécutif, le ministre pourrait jouer son va-tout dans les prochains mois. C’est lui-même qui, l’été dernier, s’était donné un an pour évaluer si sa présence au gouvernement avait permis «un changement profond».

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