Violences sexuelles : le général des pompiers de Paris évoque des faits «inacceptables»

Dans son édition de samedi matin, «Le Monde» donne la parole aux victimes des sapeurs-pompiers de Paris. [JEAN AYISSI / AFP ]

Dans son édition du 28 juillet, «Le Monde» a publié les déclarations chocs de victimes de violences sexuelles des sapeurs-pompiers de Paris. Elles y dénoncent le silence alarmant de leur hiérarchie, déterminée à ne pas ébranler l'image de l'institution.

Les témoignages font froid dans le dos. À commencer par celui d'Alizée, l'une des recrues du fort de Villeneuve-Saint-Georges qui, après des agressions sexuelles à répétition, a fait une tentative de suicide. 

Après la publication de cette enquête dénonçant ces agressions, le général des sapeurs pompiers a réagi dimanche en assurant qu'il ne fera «pas preuve de corporatisme si les faits sont avérés». L'homme a indiqué ne pas nier les «cas de harcèlement et d'humiliation à la BSPP»(brigade des sapeurs pompiers de Paris). Il les qualifie d'«inacceptables» et affirme que les «militaires concernés ont été sanctionnés».

Et ce, alors que les victimes présumées témoignent - à l'inverse - d'une forme d'omerta à l'oeuvre au sein de la brigade. 

Un jour, alors qu'Alizée demande de l'aide à un caporal après s'être blessée sous la douche, la scène vire au cauchemar : «Il m'a plaquée contre le mur, il a commencé à mettre sa main sur mon t-shirt, me disant 'laisse toi faire, tu vas aimer'. La main sous le soutien-gorge, mes seins broyés, puis ces doigts qui me pénètrent».

Traitée de «menteuse» et de «fouteuse de merde» par sa hiérarchie, Alizée décide de ne plus se taire et dépose une plainte à l'automne 2017. Malheureusement, la jeune femme est loin d'être un cas isolé. En effet, le parquet de Paris a été saisi de deux autres dossiers qui mettent serieuseument à mal l'image polissée des sapeurs-pompiers de Paris. En mars, deux femmes de la caserne de Boulogne-Billancourt ont porté plainte après des faits de harcèlements et d'agressions sexuelles commis début 2018.

Le Général a notamment pointé le manque de représentativité des femmes au sein des effectifs comme une des causes principales de la banalisation de ce type de comportements ou de dérives. À ce jour, la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) compte seulement 3% de femmes dans ses rangs.

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