Les personnes ne buvant pas d'alcool plus touchées par la démence que les buveurs modérés

Boire de lalcool avec modération présenterait moins de risque dêtre touché par la démence plus vieux [GEORGES GOBET / AFP]

L'alcool est à consommer avec modération. Littéralement. Selon les conclusions d'une récente étude, sa consommation excessive est associée à une augmentation du risque de démence. Mais ne pas boire du tout également. 

Sur plus de 9000 participants à l'étude, 397 cas de démence ont été diagnostiqués. En mettant de côté les facteurs associés à la santé, l'environnement ou l'héritage génétique qui auraient pu fausser les résultats, les scientifiques ont découvert que l'abstention ou la consommation excessive d'alcool - soit plus de 14 unités par semaine - étaient dans ces deux cas associés à un risque accru de démence. Bien plus élevé que chez un individu avec une consommation modérée - entre 1 et 14 unités d'alcool par semaine. 

Pour obtenir ces résultats, publiés dans la dernière édition du British Medical Journal, 9087 fonctionnaires londoniens, âgés au départ entre 35 et 55 ans, ont été suivis pendant près de 23 ans par un groupe de scientifique français, sous la coordination de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

D'après les conclusions des chercheurs, les raisons de ce risque accru est bien différent entre consommateurs excessifs et abstinents. Chez ces derniers, ce serait notamment lié à un risque plus élévé de maladies cardiométaboliques. 

Chercheuse à l'Inserm et principale auteur de l'étude, Séverine Sabia tient à rassurer : il n'est en aucun cas recommandé aux personnes ne buvant pas de se mettre à boire de l'alcool. 

«Ces résultats obtenus renforcent les données selon lesquelles une consommation excessive d’alcool est un facteur de risque de démence, et que ces résultats incitent à préconiser des seuils plus bas de consommation pour favoriser un meilleur vieillissement cognitif», affirme la scientifique. 

Des recherches antérieures menées par le centre de recherches et paru en février dernier dans The Lancet avaient d'ailleurs abouti à des conclusions similaires. 

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