Perquisition chez Alexandre Benalla : que s'est-il passé ?

Une invraisemblable perquisition fait planer le doute sur les armes détenues par Alexandre Benalla [STEPHANE MAHE / POOL / AFP]

Appartement sans clés, armes qui disparaissent, un «ami» qui vient faire le ménage ... Le récit de la perquisition du domicile d'Alexandre Benalla fait apparaître des éléments surprenants.  

Convoqué pour son placement en garde à vue, l'homme de 26 ans s'est rendu auprès de la police judiciaire le vendredi 20 juillet. Ce jour-là, le collaborateur de l'Elysée a été mis en examen dans l'enquête sur les violences commises lors de la manifestation du 1er mai. 

Selon une source proche du dossier qui confirme les informations du Canard enchaîné, Alexandre Benalla aurait évoqué, au cours de cette garde à vue, une armoire forte, installée à son domicile, contenant des armes  : trois pistolets, dont un Glock 43, ainsi qu'un fusil Remington pour lesquels il avait assuré détenir les autorisation, selon les informations du Monde

Pas de clés, pas de perquisition

A la recherche de ces fameuses armes, les enquêteurs décident après une journée d'interrogatoire de se rendre à son domicile, situé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) - qu'il s'apprêtait à quitter pour le logement de fonction que l'Elysée venait de lui attribuer, quai Branly - pour une perquisition.

Sauf que le principal intéressé n'a pas les clés de son propre appartement. Il est 20h10 et impossible d'ouvrir la porte. Dans leur procès-verbal, les policiers notent qu'Alexandre Benalla, présent avec eux, fait preuve d'un «manque de coopération», refusant notamment de communiquer le contact de sa compagne. 

Selon BFMTV, un serrurier est même dépêché sur place en urgence pour résoudre la situation. Car le temps presse : après 21h, la loi interdit de perquisitionner. Mais la porte dispose d'un «système sophistiqué», impossible à déjouer.

La PJ aurait alors contacté le commissariat d'Issy-les-Moulineaux, toujours selon BFMTV, pour se procurer un bélier, indisponible à ce moment là, ainsi que la Brigade anti-criminalité du département, sans succès. 

A 21h05, les policiers sont alors contraints d'apposer un scellé sur la porte et de reporter l'opération. Rendez-vous le lendemain aux alentours des 6h du matin. Toujours en présence d'Alexandre Benalla, les enquêteurs, arrivés cette fois-ci avec le matériel adéquat, réussissent à accéder au domicile. 

Un coffre introuvable

A l'intérieur, les policiers mettent la main sur une autorisation de port d'armes en date du 13 octobre 2017, délivrée par la préfecture de police de Paris et deux dispositifs de gyrophares. En revanche, aucune trace du coffre-fort et les armes ont manifestement disparus. 

L'ex-chargé de mission confesse néanmoins que le coffre en question «a dû être emmené en lieu sûr» par un tiers. Une précaution selon lui, étant donné que son domicile «a été identifié par les journalistes». 

Au cours de sa première comparution devant le juge, il a ensuite précisé avoir lui-même demandé à «un ami» d'accompagner sa femme pour «récupérer tout ce qui pouvait être volé (...) notamment les armes», toujours selon une source proche du dossier. 

Si ces dernières ont été ensuite rapportées à la justice le 30 juillet, les péripéties de la perquisition laisse planer le doute : où étaient les armes entre le 20 et le 30 juillet ? Que contenait la fameuse armoire ?  En réaction à ces zones d'ombres, le syndicat de policiers Vigi, partie civile dans le dossier Benalla, a demandé aux juges d'instructions d'enquêter sur le déroulement de la procédure, rapporte l'Obs

Malgré le scellé - retrouvé intact le samedi matin - l'avocat du syndicat, Me Yassin Bouzrou fait valoir que «le coffre contenant les armes a pu être déplacé durant la nuit ayant précédé la perquisition reportée par les enquêteurs». «Il est permis de s'interroger sur le fait de savoir si certaines de ces armes ont été supprimées», ajoute-t-il. 

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