La canicule touche à sa fin, les orages et le vent arrivent

Des enfants jouent dans une fontaine à Albi, dans le sud-ouest de la France, le 5 août 2018 [REMY GABALDA / AFP] Des enfants jouent dans une fontaine à Albi, dans le sud-ouest de la France, le 5 août 2018 [REMY GABALDA / AFP]

La canicule touche enfin à sa fin : après des jours de fortes chaleurs, le dernier pic va être atteint mardi sur plusieurs régions, avant une chute des températures provoquée par des orages qui pourraient être violents par endroits, avec des rafales jusqu'à 120 km/h et de la grêle.

Alors que depuis vendredi 67 départements étaient en vigilance orange canicule -égalant le record de juin 2017-, Météo-France a levé mardi cette alerte  pour 21 d'entre eux, notamment dans le Sud-Ouest. En revanche le Nord-Est, le Centre et le bassin parisien connaissaient encore mardi des températures très élevées, avec 39°C relevés à 15h à Vassincourt (Meuse) ou 38°C à Troyes. 

Régisseur général à Metz-plage, Frédéric Wotasek attend la baisse promise des températures mercredi. «On va pouvoir respirer, les gens sont anesthésiés pas la chaleur». Déjà, mardi, Bordeaux respirait à nouveau, sous un ciel gris, avec seulement 29°C attendus.

Cette longue vague de chaleur, de jour comme de nuit, loin malgré tout de la canicule meurtrière de 2003, va prendre fin sur l'ensemble du territoire avec l'arrivée par l'ouest d'une dégradation orageuse. 

Un thermomètre sur la façade d'une pharmacie à Toulouse indique 38,5°C, le 6 août 2018 lors d'un épisode de canicule [PASCAL PAVANI / AFP]
Un thermomètre sur la façade d'une pharmacie à Toulouse indique 38,5°C, le 6 août 2018 lors d'un épisode de canicule[PASCAL PAVANI / AFP]

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a précisé qu'elle n'aurait les chiffres de la mortalité liée à la canicule que d'ici «un mois». Elle a appelé à «la vigilance pour les trois ou quatre jours qui viennent» en notant que «depuis hier ou avant-hier ce sont le plus souvent des personnes âgées qui sont venues aux urgences». «Les fréquentations liées à la canicule sont autour de 2 à 4% des passages aux urgences, donc c'est très très peu», avait-elle précisé quelques heures plus tôt lors d'une visite d'une maison de santé pluridisciplinaire à Paris.

La prévention porte ses fruits

Agnès Buzyn avait répété lundi soir sur RTL qu'il n'y avait «pas d'alerte particulière» dans les établissements de santé ou dans les maisons de retraite, même s'il faudra attendre un mois pour avoir les «chiffres consolidés des pathologies et des décès» liés à la chaleur.

Elle avait appelé malgré tout à ne pas relâcher l'attention. «Il nous reste une journée à tenir, soyons encore vigilants demain et nous aurons passé le plus dur», a-t-elle insisté.

Malgré le rafraichissement qui s'amorce, les autorités sanitaires craignent un «contre-coup» pour les personnes fragiles et âgées, qui risquent une aggravation de leur condition jusqu'à quelques jours après la fin de l'épisode de chaleur.

En revanche, elles soulignent que les messages de prévention portent leurs fruits, estimant que les leçons de la canicule de 2003 ont été tirées.

Les certificats de qualité de l'air pour les véhicules [Vincent LEFAI, Kun TIAN / AFP]
Les certificats de qualité de l'air pour les véhicules[Vincent LEFAI, Kun TIAN / AFP]

Pollution à l'ozone persistante

La situation sanitaire est d'autant plus sensible que la canicule s'accompagne dans plusieurs régions d'une pollution persistante à l'ozone (Île-de-France, Est, vallée du Rhône, Alpes), polluant classique des vagues de chaleur qui devient toxique pour l'homme et l'environnement quand sa concentration augmente.

En réponse à cette pollution qui favorise l'asthme et irrite nez, yeux et gorge, la vitesse maximale a été réduite de 20 km/h sur de nombreux axes routiers et la circulation différenciée qui interdit aux véhicules les plus polluants de rouler avait été mise en place lundi dans plusieurs villes, notamment Paris, Lyon, Strasbourg, Annecy. La circulation différenciée était notamment reconduite mardi dans la capitale, à Lyon et Strasbourg.

Alors que la fréquence et l'intensité des canicules sont appelées à augmenter avec le réchauffement de la planète, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a appelé à nouveau mardi sur Europe 1 à une «union sacrée» pour lutter contre le changement climatique.

«Un ministre tout seul quel qu'il soit, un pays tout seul quel qu'il soit, n'arrivera pas à résoudre une situation qui est le fruit d'un développement sur des décennies et des décennies», a-t-il déclaré, se défendant d'avoir été absent dans les médias pendant cette canicule contrairement à Agnès Buzyn.

Un agriculteur dans son champ le 6 août à Mitschdorf, dans l'est de la France [PATRICK HERTZOG / AFP/Archives]
Un agriculteur dans son champ le 6 août à Mitschdorf, dans l'est de la France[PATRICK HERTZOG / AFP/Archives]

«Il y a une situation de crise sanitaire, la ministre de la Santé est en pointe sur ce sujet là», a-t-il noté. «Moi je m'attaque aux causes, je m'attaque au fond, j'essaie de faire en sorte que ce phénomène à un moment ou un autre, on puisse le contenir et s'y adapter».

Au delà des questions de santé, l'impact de la canicule et de la sécheresse se fait également sentir sur les activités économiques, notamment agricoles.

Cultures de maïs, prairie et élevage... Les effets sont «beaucoup plus graves» dans la moitié Est, selon le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert.

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