Paris : les nouvelles pissotières écologiques font polémique

Les «Uritrottoirs», ou les nouvelles pissotières écolo-responsables, fleurissent dans la capitale, à la rescousse des envies pressantes. Mais certains habitants les voient d'un mauvais oeil.

Le principe est aussi simple qu'ingénieux : l'Uritrottoir propose à toute personne de sexe masculin de se soulager en pleine rue sur une botte de paille surmontée d'un bac à fleurs coloré. Il permet ainsi, à terme, de faire du compost grâce à la paille, à l'instar du fumier dans un élevage. Ce compost ainsi formé par l'urine, forte en azote et en phosphate, est destiné à fertiliser naturellement les plantes. En outre, la paille a un rôle de filtre qui permet de limiter les odeurs nauséabondes, faisant ainsi économiser à la Ville de Paris d'énormes quantités d'eau de nettoyage.

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© Capture uritrottoir.com

Amovibles, ces toilettes intelligentes, inventées par l'agence de design Faltazi et expérimentées pour la première fois en 2016 à Nantes, sont déclinées sous différentes couleurs et formes. Elles peuvent contenir jusqu'à 120 litres, soit un minimum de 270 jets urinaires. Coût unitaire : 4.000 euros.

«L'Uritrottoir est destiné à compléter l'offre de sanitaires fixes par l'implantation dans des zones fortement encombrées et sujettes à des épanchements d'urine», peut-on lire sur le site Internet de la mairie de Paris. Comprendre : les quartiers où les bars sont légion. A l'heure actuelle, quatre de ces pissotières écolos ont été installées dans la capitale – la dernière étant à la fin du mois de juillet sur l'île Saint-Louis, dans le chic IVe arrondissement. Une cinquième doit voir le jour dans le 10e arrondissement.

Une pluie de critiques

Mais des voix s'élèvent déjà contre cette nouvelle invention, à commencer sur Twitter. Parmi elles, la journaliste Virginie Garin s'interroge – non sans ironie – sur le nombre d'Uritrottoirs qui vont éclore dans la ville : «La grande classe... se promener dans Paris en regardant les mecs uriner. Vous allez en mettre beaucoup ?». L'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, évoque de son côté une «élégante nouvelle connerie parisienne» signée la maire Anne Hidalgo.

Sans compter les nombreux anonymes qui dénoncent sur les réseaux sociaux une invention strictement destinée au sexe masculin et donc discriminatoire pour les femmes, un dispositif qui exclut toute intimité et affiche à la vue de tou(te)s un homme qui urine, ou encore un gadget qui ne change rien au statu quo – davantage de commodités pour les hommes, mais pas plus pour les femmes. Certains jugent encore que le nom de l'invention est tout simplement abject, quand d'autres estiment que la première des solutions n'est pas de s'adapter à l'incivilité de certains hommes mais de leur apprendre à ne pas se soulager n'importe où.

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