11 novembre : Emmanuel Macron sur le chemin de la mémoire

Emmanuel Macron à Douaumont (Meuse), le 6 novembre 2018, à l'occasion des commémorations de la Première Guerre mondiale. [LUDOVIC MARIN / AFP].

Un voyage pour ne pas oublier. Emmanuel Macron était, mardi 6 novembre, à Verdun (Meuse), théâtre de la plus célèbre bataille de la Première Guerre mondiale.

Entre février et décembre 1916, 300.000 combattants y ont été tués, dans un enfer de boue, de froid et de bombardements.

Ce déplacement, comme ceux effectués dans la même journée aux Eparges et à Reims, entre dans le cadre de son «itinérance mémorielle», entamée diman­che 4 novembre, à l’occasion du centenaire de l’armistice de la Grande Guerre.

Une tournée d’hommages, inédite pour un président de la République, qui se terminera le dimanche suivant, le 11 novembre, avec une cérémonie sous l’Arc de triomphe, à Paris, en présence d’une soixantaine de dirigeants internationaux.

Un devoir collectif

A travers ces visites, Emmanuel Macron veut garder en mémoire chaque aspect du conflit et compte n’oublier personne.

Comme c’est de ­coutume, il a visité hier l’ossuaire de Douaumont, où reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands.

Mais le chef de l’Etat a souhaité aller plus loin et se distinguer de ses prédécesseurs, en rendant hommage à tous ceux ayant participé de près ou de loin au conflit, qui a fait plus de 9 millions de morts parmi les soldats.

Le président a ainsi annoncé, hier, l’entrée prochaine au Panthéon de l’écrivain Maurice Genevoix, auteur du recueil Ceux de 14.

L’Elysée a également prévu une seconde panthéonisation, celle «à titre collectif de “Ceux de 14“ incarnant la nation combattante».

Longtemps oublié par la France, le rôle de «l’Armée noire», ces troupes coloniales composées ­principalement de tirailleurs sénégalais, a également été mis en avant par ­Emmanuel Macron.

Au côté du président malien Ibrahim Boubacar Keita, il a inauguré, hier à Reims, un monument à la mémoire de ces soldats africains.

Pendant la guerre, 200.000 sont ­montés au front, et 30.000 y sont morts. Ce devoir de mémoire étant collectif, les belligérants européens sont eux aussi mis à l’honneur cette semaine. ­

Vendredi 9 novembre, le chef de l’Etat accueillera la Première ministre britannique, Theresa May, sur un site de la bataille de la Somme, puis il se rendra samedi dans la clairière de l’armistice près de ­Compiègne, avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Un ciment français

Pour Emmanuel Macron, cet hommage pluriel est une manière de cimenter la nation autour d’un événement. «La Première Guerre mondiale irrigue la conscience des Français depuis un siècle.

Pour beaucoup de familles, il reste des traces du conflit dans un ­ancêtre mort ou blessé au combat», ­explique l’historien Philippe Nivet.

Il s’agit aussi de sensibiliser les plus jeunes aux horreurs du passé. En témoigne la visite, effectuée hier par Emmanuel Macron avec des lycéens, d’un village détruit lors de la bataille de Verdun.

Ce voyage mémoriel permet en outre au président de repartir à la conquête de l’opinion, qui le juge de plus en plus négativement.

«C’est aussi un prétexte pour faire son entrée en campagne en vue des élections européennes de 2019, car ce sont des territoires où le vote FN est fort», analyse le politologue Philippe Moreau Chevrolet. Et ce alors même que les mouvements nationalistes ne cessent de gagner du terrain en Europe. 

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