Effondrement de trois immeubles à Marseille : ce que l'on sait

Il était environ 9h quand les deux bâtiments se sont effondrés[HO, Loic AEDO / BMPM/SM Aedo / AFP]

Ce lundi 5 novembre, trois immeubles d'habitation se sont effondrés dans le centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône). Deux personnes ont été légèrement blessées, cinq corps ont été retrouvés sous les décombres, et trois personnes sont toujours portées disparues. 

Voici ce que nous savons, pour l'heure, sur ce drame dans la cité phocéenne. 

Ce qui s'est passé

Il était environ 9h ce lundi matin dans le quartier de Nouailles (1er arrondissement de Marseille), quand deux bâtiments mitoyens de quatre et cinq étages, situés au 63 et au 65 rue d'Aubagne, se sont effondrés.

«J'habite juste à côté, je regardais la télé quand j'ai entendu un grand bruit, mais pas d'explosion, puis un nuage de fumée», a raconté Antonio Dias à l'AFP. «L'immeuble s'est effondré d'un bloc en quelques secondes. Je n'ai pas entendu le bruit d'une explosion», a ajouté Djaffar Nour, qui faisait des courses non loin. 

En début de soirée, le numéro 67, fortement fragilisé, a été démoli «aux trois quarts», par précaution. 

Les victimes

Quelques minutes après les premiers effondrements, les sauveteurs ont pris en charge deux passants légèrement blessés. Les marins-pompiers ont ensuite travaillé «d'arrache-pied pour savoir si des individus [étaient] coincés» sous les décombres, comme l'a expliqué Julien Denormandie, ministre chargé du Logement, face à la presse. En tout, quatre-vingts pompiers, cent-vingt policiers, trente-trois véhicules et deux équipes cynotechniques ont été mobilisés. Les recherches se sont poursuivies cette nuit.

D'après le président de la région Paca Renaud Muselier, neuf personnes étaient portées disparues. Au moins sept étaient des habitants de l'immeuble, et les deux derniers seraient des piétons, filmés par une caméra sur le trottoir juste avant l'effondrement. Parmi les disparus figuraient une femme, qui n'est pas allée chercher sa fille à la sortie de l'école, et une autre, qui quittait rarement son logement. 

Deux chiens ont inspecté les gravats pour tenter de détecter la moindre trace de vie, sans succès. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est dit «peu optimiste» sur les chances de retrouver des survivants sous les décombres. Ce mercredi 7 novembre, cinq corps ont été retrouvés.

Dans quel état étaient Les immeubles

Ces immeubles étaient situés dans un quartier défavorisé, qui compte de nombreux logements insalubres. D'ailleurs, les numéro 63 et 65 avaient fait l'objet d'un arrêté de péril.

Le premier, le 63 rue d'Aubagne, avait été racheté par la mairie de Marseille en 2008. Il avait par la suite été «muré et sécurisé afin d'en empêcher l'accès». 

Au numéro 65, neuf appartements sur douze étaient occupés, au-dessus d'un commerce vacant situé au rez-de-chaussée. L'arrêté de péril de cette copropriété avait été pris «il y a une dizaine de jours», a assuré Julien Ruas, adjoint au maire de Marseille, à La Provence. Des travaux avaient été réalisés le 18 octobre dernier, pour renforcer la structure et éviter ainsi tout risque d'effondrement.

Les habitants avaient donc retrouvé leur appartement, même si «des travaux étaient prévus cette semaine», selon l'un des propriétaires, Alexis Bonetto, qui s'est confié à l'AFP. «C'était un immeuble ancien, construit il y a deux cents ans, mais pas insalubre. Il avait été remis aux normes», a-t-il précisé. 

Le troisième et dernier immeuble, le 67, avait été abandonné et muré depuis l'été 2012. 

La pluie en cause ?

A Marseille, nombreux sont ceux qui dénoncent la vétusté des immeubles du quartier. «Ce qui s'est passé là, on s'y attendait», a déclaré une habitante à France Bleu Provence. «Même chez nous, regardez.... C'est dans un état ! L'électricité à l'ancienne, des compteurs qui ne fonctionnent presque plus... Tout est délabré. Des rats, des souris. On vit avec la peur tous les jours». 

Jean-Luc Mélenchon, député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, a quant à lui estimé que «ce sont les maisons de pauvres qui se sont écroulées sur des pauvres», fustigeant les «marchands de sommeil». 

Mais d'après la municipalité, ce sont les fortes pluies, qui se sont récemment abattues sur la cité phocéenne, qui sont à l'origine de ce drame. Elle estime ainsi que les bâtiments ont pu être fragilisés par des «infiltrations». 

D'autres immeubles risquent-ils de s'effondrer ?

Les bâtiments qui étaient autrefois accolés à ceux qui se sont effondrés risquent d'être fragilisés. Par précaution, des dizaines de personnes ont été évacuées. Ceux du 69, rue d'Aubagne, ont ainsi quitté précipitamment leur logement, et seront temporairement hébergés dans un gymnase. 

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