La crise des «gilets jaunes» «coûte cher à la France» selon Bruno Le Maire

Le ministre de l'Economie s'est dit ouvert au débat sur certaines mesures qui n'ont pas encore été mises en place [ERIC PIERMONT / AFP]

«La crise (des «gilets jaunes») coûte cher à l'économie française», a déploré dimanche le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, en rappelant avoir prévu un impact notamment sur le dernier trimestre de 2018.

«J'ai dit (qu'elle coûtera) 0,1 point de croissance pour le dernier trimestre, ce sera sans doute 0,1 point», a-t-il déclaré dans l'émission Le Grand Rendez-vous organisée par la radio Europe 1, la chaîne CNews et le quotidien Les Echos. «Nous avons intérêt à ce que cela cesse le plus vite possible», a-t-il poursuivi, à propos du mouvement des «gilets jaunes», rappelant qu'en outre «tout notre environnement international est tendu». Les troubles et le mouvement des «gilets jaunes», tout «cela a un coût pour la croissance et l'attractivité de la France», a ajouté le ministre, qui a toutefois maintenu la prévision de croissance annuelle. Alors que la Banque de France et l'Insee ont toutes deux abaissé en décembre leur prévision de croissance pour l'économie française à 1,5% pour 2018, le gouvernement continue de tabler officiellement sur 1,7%.

Interrogé sur les mesures instaurées pour dynamiser l'économie française et notamment la suppression de l'impôt sur la fortune, M. Le Maire a affirmé qu'il ne voulait pas de retour en arrière.

«Emmanuel Macron a été élu sur la base d'un projet, qui comprenait une transformation fiscale en profondeur, qui a été voté par une majorité de Français, donc je ne souhaite pas que nous revenions sur l'ISF, sur le prélèvement forfaitaire unique ou sur la baisse de l'impôt sur les sociétés», a-t-il détaillé. «La priorité à mes yeux n'est pas de rétablir un ISF qui n'a jamais réglé le problème du chômage, ni celui de la pauvreté en France, c'est de s'attaquer aux racines de la pauvreté, des inégalités et du chômage dans notre pays», a-t-il poursuivi. «Laissons aussi aux mesures que nous avons adoptées le temps de donner toute leur ampleur et d'apporter leurs résultats aux Français», a plaidé le ministre, rappelant qu'une évaluation des effets de la suppression de l'ISF sera menée d'ici fin 2019, comme promis par l'exécutif.

En revanche, M. Le Maire s'est dit ouvert au débat sur certaines mesures qui n'ont pas encore été mises en place, telle que la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% des ménages les plus aisés. «Voilà un sujet qui pourrait être soumis à discussion», a indiqué le ministre.

«Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, que nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice qui s'exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat», a estimé M. Le Maire.

Les réponses du gouvernement sur le pouvoir d'achat ont été diversement appréciées par les syndicats, mais tous se sont rejoints pour dénoncer, selon eux, une absence de mesures de «justice fiscale».

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