Tout savoir sur Jérôme Rodrigues, le «gilet jaune» blessé à l'oeil samedi à Bastille

Jérôme Rodrigues a fait la une des journaux après avoir été grièvement blessé à l'oeil lors du onzième samedi de mobilisation des «gilets jaunes», le 26 janvier, à Bastille (Paris). Mais qui est cette figure du mouvement qui accuse les forces de l'ordre de l'avoir visé avec un lanceur de balle de défense (LBD) ?

«On lâchera rien», a écrit dimanche matin sur Facebook ce père d'une fille, plombier de formation et employé dans le BTP, postant une photo de lui sur son lit d'hôpital, le poing levé et l'oeil droit recouvert d'un pansement.

Le «gilet jaune» a reçu des milliers de marques de soutien depuis son hospitalisation samedi soir.  

Une des figures du mouvement

Jérôme Rodrigues est une des figures du mouvement des «gilets jaunes», très suivi sur son compte Facebook sur lequel il publie régulièrement des «lives». Avant l'incident, il avait d'ailleurs publié plusieurs vidéos en direct de la manifestation accompagnées de ses commentaires oraux. 

Le militant affiche plus de 52.000 abonnés sur la page du réseau social. Une audience, probablement gonflée par la triste médiatisation dont l'homme a fait l'objet après sa grave blessure à l'oeil, mais qui démontre sa notoriété dans le mouvement des «gilets jaunes»

Très impliqué lors des journées de mobilisation précédentes, il avait aussi été très suivi lors du 7ème samedi de manifestation des «gilets jaunes». Les heurts ayant éclaté entre les manifestants et les forces de l'ordre ainsi que les gaz lacrymogènes répandus avaient d'ailleurs «fatigué» Jérôme Rodrigues et suscité l'inquiétude de certains de ses camarades. En témoigne ce message laissé par une membre du mouvement sur un groupe de «gilets jaunes» qui visait à rassurer la communauté quant à l'état de santé de l'homme. 

Un proche d'Eric Drouet

Le «gilet jaune» a rapidement affiché ses affinités avec Eric Drouet, l'un des premiers à appeler à un «blocage national contre la hausse des carburants», le 17 novembre dernier.  Considéré aujourd'hui comme un porte-parole du mouvement, son leadership est toutefois controversé notamment après qu'il a relayé une fake news sur le pacte de Marrakech, il y a quelques semaines. Par ailleurs, Eric Drouet a été placé en garde à vue au début du mois de janvier et devra comparaître en juin pour avoir organisé des rassemblements sans l'autorisation de la préfecture ainsi que pour le «port d'arme prohibé de catégorie D». 

Jérôme Rodrigues a pris part au groupe officieux d'Eric Drouet dont il est un membre actif. En témoigne cette vidéo relayée sur Twitter par Vincent Glad dans laquelle le militant explique la stratégie de communication du mouvement reposant sur les réseaux sociaux et l'émergence de «livers», comme lui. 

La blessure de Jérôme Rodrigues a suscité la colère et l'indignation de son camarade Eric Drouet, ce samedi.

Dans un communiqué du mouvement dont il est le créateur, «La France en colère», Eric Drouet a dénoncé la violence de certains membres des forces de l'ordre auxquels il attribue une volonté de nuire. «Nous dénonçons certains agents des autorités qui ne respectent pas les conditions d'utilisation de leurs armes et s'en servent avec la volonté de briser des vies», affirme le groupe.

«Encore un œil crevé, un de trop», estime «La France en colère», qui explique que la blessure a été faite «semble-t-il par une grenade, tirée à bout portant». «Il ne peut donc pas s'agir d'une erreur», conclut le groupe. 

Un «pacifiste» du mouvement

Le qualificatif de pacifiste revient souvent dans les messages publiés en soutien à Jérôme Rodrigues pour souligner l'injustice de sa blessure, considérée comme un acte de violence volontaire perpétré par des forces de l'ordre.

«Au moment des faits, il était en train de filmer sans occasionner aucun trouble à l'ordre public, il est d'ailleurs connu par tous pour prôner le pacifisme et ce depuis le début du mouvement», a écrit le groupe dans son communiqué, en demandant «une sanction pénale lourde».

Sur sa vidéo d'une dizaine de minutes diffusée avant sa blessure, on entend d'ailleurs le quadragénaire à la barbe poivre et sel très fournie inciter à plusieurs reprises des «gilets jaunes» à «partir» de la place de la Bastille car «les 'black blocs' vont attaquer (la police)». 

Munition d'un lanceur de balles de défense (LBD), éclat de grenade ou autre projectile, l'origine de sa blessure était inconnue en fin de journée, d'après la préfecture de police de Paris qui a indiqué avoir saisi l'IGPN, «la police des polices».

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