Gilets jaunes : vers une liste «Union jaune» aux Européennes

Le programme de la liste «Union Jaune» reste à déterminer. Le programme de la liste «Union Jaune» reste à déterminer.[LUCAS BARIOULET / AFP]

Un des meneurs niçois des «gilets jaunes» a présenté mardi l'ébauche d'une liste «apolitique et asyndicale» qu'il compte présenter aux élections européennes, baptisée «Union Jaune», pour porter des idées notamment en matière d'immigration et de souveraineté.

«Si j'ai cette chance que je suis élu ambassadeur ou député de nos grands coeurs jaunes, je m'engage à percevoir un Smic et à reverser la différence au Restos du Coeur», a proclamé Patrick Cribouw, 64 ans, un récidiviste du vote blanc épaulé par deux porte-paroles tout aussi novices que lui en politique.

Pressé de dévoiler les noms qui pourraient figurer sur sa liste aux européennes, le trio a demandé «un peu d'indulgence» et de patience: «On prend le temps de la constituer», a-t-il assuré, sous l'oeil médusé de la presse venue écouter les propos parfois décousus de la future tête de liste, M. Cribouw, ancien directeur commercial bientôt à la retraite, qui s'est comparé au «chef d'une locomotive avec des milliers de coeurs jaunes dans les wagons».

Un programme qui reste à définir

Fort d'avoir déposé des statuts, créé un logo entrecroisant un «U» bleu-blanc-rouge avec un «J» jaune, imprimé des autocollants et des cartes de visite, ce moustachu au physique de Monsieur Loyal compte s'appuyer sur une plateforme internet «pour mener un réel débat en ligne», «collecter des idées» comme il a pu le faire durant les manifestations en notant tout dans un cahier.

Le tout pour un programme dont il a avoué qu'il restait encore à définir mais qui sera organisé autour de cinq thèmes regroupant les griefs des «gilets jaunes»: «Dans l'ordre, le pouvoir d'achat, les retraites, la justice sociale et fiscale, l'immigration et la souveraineté», a-t-il détaillé, avant de développer sa pensée sur l'immigration. 

«Oui à une France terre d'accueil, mais nous avons 11 millions de Français dans la précarité la plus totale. Ne serait-il pas temps de changer les choses?», a-t-il exposé. 

Pressé de dire s'il était proche ou non du Rassemblement national, il a affirmé que ce n'était «pas du tout» le cas. Il a en revanche indiqué avoir reçu «des appels du pied» pour rejoindre la liste que veut conduire Mme Ingrid Levavasseur, ce qu'il a exclu car «trop politisée».

Les accès à la conférence de presse étaient gardés par deux vigiles après la diffusion de tracts très sévères envers la politisation du mouvement samedi dernier, lors d'une 11e manifestation des «gilets jaunes» à Nice.

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