Les pharmaciens bientôt autorisés à délivrer des médicaments sans ordonnance ?

Pour Thomas Mesnier, il s'agit de «répondre (...) aux besoins de temps médical, d'accès aux soins» en allant «un peu plus loin sur les questions de soins coordonnés, de partage des tâches» entre professionnels de santé. Pour Thomas Mesnier, il s'agit de «répondre (...) aux besoins de temps médical, d'accès aux soins» en allant «un peu plus loin sur les questions de soins coordonnés, de partage des tâches» entre professionnels de santé. [GUILLAUME SOUVANT / AFP]

Le député LREM et rapporteur du projet de loi santé, Thomas Mesnier, va déposer un amendement pour permettre aux pharmaciens de délivrer sans ordonnance certains médicaments normalement prescrits par les médecins.

L'objectif du texte en préparation est «que les pharmaciens puissent délivrer, sous protocole, des traitements actuellement prescrits sur ordonnance, dans le cadre de pathologies simples et du quotidien, que pourraient être l'angine, la conjonctivite, la cystite».

Cette piste figurait dans son rapport sur les soins non programmés, remis en mai à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

Déjà cet automne, la députée LREM Delphine Bagarry avait déposé un amendement au projet de budget de la sécurité sociale dans ce sens. La mesure, contestée par les syndicats de médecin, dont MG France et la CSMF, avait été adoptée en commission des Affaires sociales. Mais elle avait finalement été rejetée par l'Assemblée nationale.

Pour Thomas Mesnier, il s'agit de «répondre (...) aux besoins de temps médical, d'accès aux soins» en allant «un peu plus loin sur les questions de soins coordonnés, de partage des tâches» entre professionnels de santé. 

Son amendement concernera des «pathologies pour lesquelles les Français doivent consulter, ont du mal à trouver un rendez-vous et au final se retrouvent à consulter aux urgences» ou à solliciter leurs pharmaciens qui leur rendent parfois service en délivrant des médicaments sans ordonnance, «hors des clous». 

«Une solution qui a fait ses preuves»

«L'idée c'est de développer» cette pratique en la «sécurisant», selon un protocole et «un panier de soins» définis en lien avec la Haute autorité de santé, en informant «systématiquement» le médecin traitant, a détaillé le député. Il n'a toutefois pas préciser si la mesure passerait par une expérimentation, comme le prévoyait l'amendement précédent.

Selon la présidente de l'Ordre des pharmaciens, Carine Wolf-Thal, c'est «une solution qui a fait ses preuves» en Suisse et au Québec.

«C'est une proposition qu'on fait en concertation avec les médecins», a-t-elle assuré lors d'une conférence de presse téléphonique organisée après une rencontre avec le président de l'Ordre des médecins, Patrick Bouet.

Le projet de loi santé sera examiné à l'Assemblée nationale à partir du 18 mars.

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