Plusieurs centaines de milliers de Français sont attendus dans les rues ce jeudi 18 septembre après l’appel à la grève de l’ensemble des organisations syndicales. Parmi eux, des milliers de manifestants radicaux, dont des Black Blocs, seront présents dans les cortèges.
Une journée sous haute tension. Les autorités s'attendent à une mobilisation nationale très importante, ce jeudi 18 septembre, avec de nombreux blocages mais surtout la présence de plusieurs milliers de manifestants radicaux, dont des Black Blocs, dans les cortèges des grandes villes. Véritable cauchemar des autorités lors des manifestations, les Black Blocs sont souvent des jeunes radicalisés et violents, qui ont pour doctrine l’affrontement avec les forces de l’ordre.
Les autorités sont «très inquiètes» de la présence de nombreux casseurs à Paris, a annoncé ce mercredi le préfet de Police, Laurent Nuñez. Expliquant avoir des renseignements sur la volonté de plusieurs centaines voire milliers de radicaux de s'infiltrer dans le cortège syndical pour «en découdre et casser», le préfet a appelé les commerçants «à fermer leurs boutiques» et les invite à mettre en place «des protections de leurs devantures».
Et pour cause : souvent habillés de noir, portant des casques, des cagoules et des gants, présents par centaines lors de la plupart des mouvements sociaux, notamment dans les grandes villes, les Black Blocs sont des militants, relativement jeunes, hostiles aux institutions et qui font de l’affrontement avec les forces de l’ordre leur spécialité. Ils mènent régulièrement des actions spontanées, voire violentes, lors des manifestations, et sont souvent responsables de dégradations.
«Les Black Blocs forment, dans les manifestations, des groupes éphémères, dont l'objectif est de commettre des actions illégales, en formant une foule anonyme non identifiable», expliquait déjà il y a quatre ans Pierre-Henry Brandet, alors porte-parole du ministère de l'Intérieur.
«Issus de la mouvance anarchiste»
Apparus pour la première fois à Berlin Ouest, en Allemagne, au début des années 1980, ils formaient des groupes de résistance face aux violences policières. Ces militants d'extrême gauche ripostaient avec force contre la police, armés de bâtons et habillés en noir. Ces caractéristiques leurs vaudront le surnom de «schwarzer blocks» («bloc noir»).
«C'est la raison pour laquelle ces individus portent des vêtements noirs ou très sombres, ce qui rend difficile le travail d'identification et d'interpellation. Ils s'habillent ainsi au dernier moment, et changent immédiatement de tenue une fois les exactions terminées», poursuivait Pierre-Henry Brandet. Selon lui, ils sont «pour beaucoup issus de la mouvance anarchiste» et participent notamment à «tous les combats altermondialistes violents».
Aujourd'hui largement démocratisé, le mouvement des «Black Blocs» se retrouve un peu partout dans le monde. Ils avaient notamment causé des incendies et des dégradations en marge du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999 et de celui de l'Otan dix ans plus tard à Strasbourg et à Kehl (Allemagne).
10.000 individus radicaux
Selon les services de renseignements, entre 700.000 et 800.000 manifestants sont attendus ce jeudi dans tout le pays. C’est quatre fois plus que le 10 septembre dernier lorsque près de 197.000 personnes s’étaient mobilisées, selon le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Près de 10.000 individus radicaux sont par ailleurs attendus dans les cortèges, a précisé le ministre.
Côté sécurité, le ministre de l’Intérieur a annoncé «plus de 80.000 policiers et gendarmes, des drones, 24 centaures, 10 engins lanceurs d’eau» pour éviter tout débordement et empêcher les blocages.