Qui sont les candidats à la mairie de Paris ?

A un an des élections municipales 2020, les annonces des postulants au fauteil de maire de Paris se succèdent. Le point sur la longue liste des candidats, déclarés ou pas encore.

Le parti Socialiste

Officiellement, Anne Hidalgo n'est pas encore candidate à sa réélection, et son équipe assure qu'elle va «travailler jusqu'au bout» de son mandat. Mais en coulisse, la maire sortante a déjà commencé à s'activer. Courant janvier, elle a en effet mis en branle son mouvement «Dès demain Paris en commun», en vue de rassembler ses soutiens et de faire émerger un projet pour 2020.

La République en Marche

Les deux jeunes loups du parti sont en marche. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement et Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'Etat au numérique, ont en effet précipitamment quitté le gouvernement le 27 mars, plus ou moins obligés de partir en même temps que Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes. Celle-ci se présentant aux élections européennes.

Et si Benjamin Griveaux n'a pas encore été investi par son parti, il semble déjà être le seul à pouvoir renverser la tendance face à Anne Hidalgo, se retrouvant souvent au coude-à-coude avec l'édile dans les sondages, même si Mounir Mahjoubi – très présent sur le terrain – n'a pas dit son dernier mot.

Troisième prétendant principal : Cédric Villani, mathématicien, député de l'Essonne et président du comité de soutien d'Anne Hidalgo en 2014. Il s'est déclaré «candidat à la candidature» en octobre 2018, en se disant «prêt à aller jusqu'au bout». Depuis, il multiplie les déplacements et les réunions dans la capitale.

Enfin, Hugues Renson (vice-président de l’Assemblée nationale) et Anne Lebreton (adjointe au maire du 4e arrondissement) sont également sur les rangs, mais ont décidé d'attendre avant d'officialiser leur candidature, préférant se consacrer dans un premier temps aux élections européennes. Ils font ainsi figure d'outsider.

Alors que LREM planche sur son programme pour Paris, le patron du parti, Stanislas Guerini, a révélé que le candidat devrait être désigné «dans le courant du mois d'avril, peut-être avant les européennes», qui auront lieu à la fin mai 2019, avec la mise en place d'une commission nationale d'investiture prévue en juin.

Les Républicains

Son choix n'était pas évident il y a quelques mois, mais qui montre qu'elle croit désormais en ses chances. Rachida Dati a récemment renoncé aux Européennes pour se consacrer à la capitale. Alors qu'aucune figure n'a réellement émergé depuis l'échec de Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, la maire du 7e entend essayer de réunir la droite parisienne. Une mission très difficile pour cette ancienne ministre jugée «clivante» par certains, et qui est soutenue par Laurent Wauquiez, qui lui avait réservé une place sur la liste LR pour les élections européennes.

Présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris, Florence Berthout, la maire du 5e, ne s'est pas encore jetée à l'eau. Pour l'instant, l'élue a seulement lancé sa campagne à sa propre réélection dans l'arrondissement qu'elle dirige depuis. bientôt cinq ans. Cette femme de terrain se veut plutôt rassembleuse et privilégie l'idée d'une primaire «ouverte sur un centre très élargi», contrairement à Rachida Dati qui prône plutôt une commission d'investiture.

En face, un voisin de quartier et un allié de longue date est également envisagé pour représenter la droite parisienne : Jean-Pierre Lecoq. S'il n'est pas un ténor de la politique, celui qui s'est déclaré candidat en février est tout de même maire du 6e depuis vingt-cinq ans. Et il n'exclut pas un accord avec LREM. La commission d'investiture des Républicains devrait trancher à l'automne prochain.

Enfin, dernière arrivée en date : Marie-Claire Carrère-Gée, élue du 14e et ex-secrétaire générale adjointe de l'Élysée, a annoncé sa candidature le 7 avril. «J'ai décidé d'être candidate à la candidature chez Les Républicains», a-t-elle ainsi expliquée au JDD, consciente d'être moins populaire que les autres candidats. Mais celle qui est conseillère de Paris depuis 2008 souhaite mettre en avant son expérience politique, notamment celle acquise lorsqu’elle était secrétaire générale adjointe à l'Élysée lors du second mandat de Jacques Chirac.

Les Ecologistes

Président du groupe écologiste au conseil de Paris et faisant partie de la majorité large d'Anne Hidalgo, David Belliard s'appuie sur son «profil parisien» pour remporter le vote des militants de la capitale, prévu en juin. Depuis mi-mars et le lancement de sa démarche «Faisons Paris», l'écologiste enchaîne les mobilisations et les tribunes, bataillant «pour un Paris plus vert, plus respirable, moins cher, plus accueillant».

Il trouvera face à lui Julien Bayou, porte-parole d'EELV et figure à dimension nationale des écologistes. Ce dernier formera un tandem avec Antoinette Guhl, actuelle adjointe à la maire de Paris chargée de l'Economie sociale et solidaire.

Les Communistes

Président du groupe PCF au conseil de Paris, Nicolas Bonnet vient de commencer a détailler les idées de son projet, mettant la santé des Parisiens au premier plan de son programme. Dans une récente interview au Parisien, il n'écarte pas la possibilité d'une alliance avec Anne Hidalgo dès le premier tour, mais a aussi évoqué le mouvement Génération.s de Benoît Hamon.

La France Insoumise

Seule opposante à la gauche d'Anne Hidalgo sur les bancs du conseil de Paris, Danielle Simonnet n'a pas encore été désignée candidate par sa formation. Celle qui est la coordinatrice du Parti de gauche (parti affilié à LFI) et l'une des oratrices des Insoumis avait déjà participé aux municipales de 2014. Elle avait alors obtenue 4,94 % des voix.

Mais la grosse cote est représentée par Danièle Obono, seule député LFI (élue dans le nord-est) de la capitale, qui pourrait être désignée tête de liste.

Le Rassemblement National

Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti lepéniste et déjà élu au conseil régional d'Ile-de-France, a récemment renoncé à mener la liste RN dans la capitale. Déjà présent en 2014, il avait enregistré 6,26 % des suffrages. Le parti RN va en effet rejoindre la liste «Aimer Paris» du magistrat libéral Serge Federbusch en vue des élections municipales de Paris

«Il y a vingt élections différentes à Paris. Dans certains arrondissements, il y aura des candidats qui seront du RN et d'autres qui n'en seront pas», a-t-il précisé à Franceinfo, assurant que Serge Federbuch était un «patriote parisien» qui connaît «parfaitement toutes les arcanes de la politique parisienne». Une information confirmée par Aurélien Legrand, le vice-président du groupe au conseil de Paris.

les Autres candidats

S'ils n'ont pas encore officiellement postulé, deux jeunes hommes, qui flirtent avec la Macronie, pourraient faire bouger les lignes. Gaspard Gantzer, l'ex-communicant de François Hollande, a officialisé sa candidature sur France Inter le 13 mars, après avoir lancé son parti et a déjà dévoilé plusieurs propositions, notamment en faveur des familles parisiennes.

Sur sa droite, Pierre-Yves Bournazel, député Agir et siégeant au conseil de Paris avec Les Républicains, cherche à rassembler largement. Lui aussi a commencé à détailler son programme, notamment sur sa volonté d'apaiser l'espace public de la capitale.

Enfin, le «roi des forains» Marcel Campion a inauguré sa permanence en grand pompe rue Lafayette (10e) le 8 mars, en profitant pour présenter ses têtes de listes pour chaque arrondissement. Ce candidat singulier devrait faire office de poil à gratter pour Anne Hidalgo, avec qui il est en conflit ouvert depuis de longs mois.

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