Octogénaire morte après un tir de lacrymogène à Marseille : le dépaysement de l'enquête rejeté

Aucun élément sérieux ne remet en cause l'impartialité du magistrat instructeur selon la cour d'appel. [LOIC VENANCE / AFP]

La cour d'appel d'Aix-en-Provence a rejeté la demande de dépaysement de l'enquête sur les causes de la mort en décembre d'une octogénaire touchée par un tir de grenade lacrymogène lors de manifestations à Marseille, a-t-elle annoncé jeudi.

Le 1er décembre, Zineb Redouane, 80 ans, avait été touchée au visage par des morceaux de grenade lacrymogène lors d'autres manifestations, alors qu'elle se trouvait à sa fenêtre, au 4e étage. Elle était décédée le lendemain, sur la table d'opération.

Une information judiciaire avait été ouverte le 4 décembre 2018 par le procureur Xavier Tarabeux pour rechercher les causes de la mort de Mme Redouane.

Estimant qu'il y a «un lien direct entre la grenade reçue au visage et son décès», sa fille avait par la voix de son avocat, Me Yacine Bouzrou, porté plainte le 15 avril pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et demandé le dépaysement de l'affaire, mettant en cause «l'impartialité de la juridiction».

Aucun élément sérieux mettant en cause l'impartialité du magistrat instructeur

Une requête rejetée lundi par le procureur général Robert Gelli, qui dans un communiqué publié jeudi, estime que «la mise en cause d'un fonctionnaire de police, dont on ignore à quel service il appartient -les faits ayant été commis dans le cadre d'une opération de maintien de l'ordre- n'est pas à elle seule de nature à justifier le renvoi à une autre juridiction». 

La cour d'appel ajoute que les investigations menées ont de plus été confiées à l'IGPN mais également que «la requérante» ne fournit «aucun élément sérieux de nature à mettre en cause l'impartialité du magistrat instructeur saisi». 

Elle précise en outre que c'est «compte tenu» des premières conclusions médico-légales que le procureur de la République avait décidé de saisir un juge d'instruction. 

«L'autopsie réalisée à la demande du parquet le lendemain du décès mettait en évidence un traumatisme facial sévère avec fractures, des fractures costales et un oedème pulmonaire aigu qui serait la cause du décès, après tentative de réanimation», relève dans son communiqué la cour d'appel. Le décès est «intervenu au cours de l'induction d'anesthésie pour l'intervention chirurgicale», ajoute-t-elle également.

Contacté, Me Bouzrou n'était pas joignable pour l'instant.

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