Pourquoi Mark Zuckerberg va rencontrer Emmanuel Macron ce vendredi

Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg se sont déjà rencontrés. C'était en mai 2018, à l'Elysée. Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg se sont déjà rencontrés. C'était en mai 2018, à l'Elysée. [Christophe Petit Tesson / POOL / AFP]

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, sera reçu ce vendredi 10 mai par le président français, Emmanuel Macron, à l'Elysée. Cette entrevue portera sur la régulation du réseau social, et notamment sur la modération des contenus haineux.

Les deux dirigeants, qui se sont déjà rencontrés en mai 2018 à Paris, vont «discuter du projet de corégulation lancé l'an dernier par Facebook et le gouvernement français pour développer des propositions conjointes pour combattre les contenus haineux en ligne», a indiqué Facebook France. En novembre 2018, une équipe de fonctionnaires français a en effet été autorisée à observer pendant six mois les mécanismes d’autorégulation mis en œuvre par Facebook pour lutter contre les propos racistes, homophobes, sexistes ou diffamatoires sur sa plate-forme.

Cette mission doit rendre ses conclusions le même jour que la rencontre Zuckerberg-Macron, ce vendredi 10 mai. Elles seront remises à Cédric O, secrétaire d'Etat français chargé du Numérique, et rendues publiques. Elles pourront inspirer la législation française, voire européenne, explique l'Elysée, la France comptant devenir le fer de lance d'une régulation d'Internet à l'échelle de l'UE.

Bientôt une loi contre la haine en ligne

Pour cela, Paris veut montrer l'exemple. Le gouvernement a donc confié à la députée LREM Laetitia Avia l'élaboration d'une proposition de loi visant à lutter contre la haine sur Internet, déposée le 20 mars à l'Assemblée nationale et qui devrait être débattue par les députés fin mai ou début juin. Elle prévoit notamment d'obliger les réseaux sociaux à supprimer tout contenu illégal dans un délai de 24 heures, sous peine d'amende.

La bonne nouvelle est que Facebook semble demandeur de davantage de régulation. En effet, dans une tribune publiée fin mars dans plusieurs journaux européens, dont Le JDD en France, Mark Zuckerberg a appelé les pouvoirs publics du monde entier à jouer un «rôle plus actif» pour réguler Internet.

les attentats de Christchurch comme tournant

Des déclarations qui sont tombées quelques jours seulement après les attentats de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars, qui ont fait 50 morts, et à l'occasion desquels Facebook a été violemment critiqué. Le terroriste, un suprémaciste blanc, a en effet pu diffuser en direct le carnage sur le réseau social, sans que le contenu ne soit bloqué.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern lanceront le 15 mai prochain «l’appel de Christchurch» contre les contenus «terroristes, à l'occasion de la deuxième édition du sommet «Tech for Good», à Paris. Cet appel visera à «ce que de nouvelles mesures concrètes soient prises pour que ce qui s'est passé à Christchurch ne se reproduise pas», selon l'Elysée.

Une initiative dont devraient discuter Mark Zuckerberg et Emmanuel Macron ce vendredi, tout comme la charte sur la haine en ligne que la France veut faire adopter au G7 de Biarritz, en août prochain.

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