Européennes : comment est calculé le temps de parole de chaque candidat

Le temps de parole de la campagne répond à des règles strictes, dictées par le CSA. [Brendan Smialowski / AFP]

Alors que la campagne officielle pour les européennes débute ce lundi 13 mai en France, les différents candidats connaissent la durée totale dont ils pourront bénéficier pour leurs spots audiovisuels à partir de mardi.

Si les différences semblent parfois énormes, elles répondent à des règles précises, mais parfois compliquées à comprendre.

près de 56 minutes de spot pour les uns, moins de 4 pour les autres

Ainsi, la liste ayant le temps de diffusion le plus grand et celle de Nathalie Loiseau (LREM/MoDem), avec 55 minutes et 53 secondes. Suit celle de Jordan Bardella (RN), avec 48’11, puis celle de François-Xavier Bellamy (LR), avec 38’20.

Le CSA a ensuite octroyé 19'43 pour Raphaël Glucksmann (PS/PP/ND), 18'37 pour Manon Aubry (LFI) et 14'14 pour Yannick Jadot (EELV). Puis 10'52 pour Jean-Christophe Lagarde (UDI), 8'13 pour Nicolas Dupont-Aignan (DLF), 7'40 pour Ian Brossat (PCF), 4'23 pour Benoît Hamon (Printemps européen - Génération.s), 4'14 pour Dominique Bourg (Urgence Ecologie) et 3'58 pour Florian Philippot (Ensemble patriotes et gilets jaunes).

Restent 21 autres listes, qui devront se contenter de la durée minimale calculée par le CSA : 3 minutes et 33 secondes.

principe d'équité, principe de pluralisme

Plusieurs règles entrent en jeu pour fixer ces temps (sur un total de 3h30), outre la durée minimum pour chaque liste. Le nombre de parlementaires soutenant une liste permet ainsi d’obtenir plus de temps, de même que le score aux dernières européennes (ainsi qu’aux scrutins plus récents), la performance dans les sondages d’opinions, mais aussi la propension de chaque candidat et ses soutiens à animer le débat électoral.

En parallèle, et depuis le 15 avril, date d’entrée de la campagne électorale dans les médias audiovisuels, ces mêmes règles sont prises en compte pour calculer le temps de parole global (hors spots audiovisuels) de chaque liste. Il s’agit là du principe d’équité, un décompte spécifique aux européennes. Il prendra fin le 24 mai, deux jours avant le scrutin.

Avant le 15 avril s’appliquait un autre principe, celui du pluralisme. Il avait débuté le 1er avril et ira plus loin que la date du scrutin (26 mai), jusqu’au 30 juin. Ce décompte permet au président et au gouvernement de bénéficier d’un tiers du temps de parole, tandis que les deux tiers restant sont répartis parmi les autres formations politiques, selon l’équité.

les paroles du président surveillées

Il est à noter qu’aucun décompte n’est effectué si Emmanuel Macron ou ses ministres (ou collaborateurs) s’expriment sur un sujet propre à l’Etat. Ainsi, ils ne sont comptabilisés que s’ils apportent leur soutien à une liste. Les services du CSA procèdent ainsi à des contrôles quand le président fait un discours, pour comptabiliser si les sujets abordés s’intègrent à la campagne ou non.

Enfin, il faut savoir que le soutien apporté par un citoyen, membre d’un parti ou non, dans un reportage audiovisuel, est pris en compte sur le temps de parole de la liste qu’il supporte.

Il est bon à savoir également que ce n’est pas le CSA lui-même qui contrôle directement le temps de parole, mais qu’il se repose sur un décompte très précis effectué par les 24 principales radios et télés françaises, sur un site prévu à cet effet. Celui-ci est ensuite envoyé toutes les semaines à l’organisme (contre tous les mois hors période électorale), qui les examine.

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