EPR de Flamanville : coup dur pour la filière nucléaire française

La décision de l'ASN viendrait repousser la mise en service du réacteur de Flamanville (photo) à fin 2022. [© CHARLY TRIBALLEAU / AFP]

EDF va devoir (re)mettre la main à la poche. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), gendarme du secteur, a demandé ce jeudi au fleuron de l'électricité de procéder à de nouveaux travaux pour sécuriser le réacteur de Flamanville, dans la Manche.

Une décision qui va générer de nouveaux retards pour ce chantier, sans cesse repoussé depuis son lancement. Commencé en 2007 en vue d'être achevé cinq ans plus tard, pour un coût total estimé à 3,5 milliards d'euros, puis prévu pour être mis en service à la fin de cette année, le réacteur ne devrait finalement pas être en mesure de démarrer «d'ici fin 2022» au mieux, selon EDF. Le tout pour une facture d'au moins 11 milliards d'euros.

En cause, cette fois-ci : l'impérieuse nécessité de réparer huit soudures défectueuses et difficiles d'accès du réacteur à eau pressurisée (EPR, la filière la plus répandue dans le monde). Si le groupe EDF avait proposé de repousser ces travaux après la mise en service du réacteur, l'ASN a jugé qu'un tel report «soulèverait plusieurs difficultés», notamment en matière de sécurité, les soudures en question traversant l'énorme enceinte en béton censée retenir les éléments radioactifs en cas d'accident.

la fin du charbon reportée ?

Les retards et le surcoût du projet bousculant, une fois encore, les plans d'EDF pour Flamanville, l'électricien devrait faire un point sur la suite du projet «dans les prochaines semaines», selon un communiqué. Une chose est certaine : il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour la filière nucléaire française. En effet, Emmanuel Macron ayant fixé la création de nouveaux réacteurs après, et seulement après le démarrage de l'EPR de Flamanville, la décision du gendarme du nucléaire vient, de fait, repousser tout projet de construction à l'après-présidentielle de 2022...

Sans compter que cela pourrait aussi avoir pour conséquence de retarder la fermeture des centrales à charbon françaises, programmée pour la fin du quinquennat. Au risque même de contrecarrer les prévisions du pays, qui prévoit de réduire sa dépendance au nucléaire à 50% de son électricité d'ici à 2035 (contre 71,7% en 2018).

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