Canicule : le réchauffement climatique en cause ?

Les épisodes de chaleur exceptionnelle ont doublé ces trente dernières années, et devraient encore s’intensifier.[DENIS CHARLET / AFP]

La Terre se réchauffe et la France transpire à grosses gouttes. L’épisode caniculaire, qui va durer une grande partie de cette semaine, confirme que la situation devient de plus en plus préoccupante, comme ne cesse de le signaler l’immense majorité de la communauté scientifique.

Sur le plan politique, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a, lui aussi, clairement pris position. En affirmant, hier, que la canicule était «une conséquence palpable» du dérèglement climatique.

Le mercure s’affole

Si l’augmentation des températures en été est un phénomène normal, c’est l’intensité et la précocité du phénomène, cette année, qui le sont beaucoup moins, comme l’indiquent les spécialistes. «La canicule s’explique d’abord par une configuration météorologique globale, mais il est clair que le réchauffement climatique est responsable des masses d’air qui sont beaucoup plus chaudes qu’avant», précise François Jobard, météorologue à Météo France.

Depuis 1990, Les températures ont ainsi augmenté en moyenne de 1,4 °C dans notre pays. Le nombre de  séquences de chaleurs extrêmes a également doublé lors des trente dernières années. Les quatre épisodes les plus longs ont ainsi été recensés en 1983, 2003, 2006 et 2018. En outre, ce sont les trois derniers qui ont été les plus intenses. Mais alors que les Etats développés et leurs citoyens commencent tout juste à prendre la mesure du risque et de l’urgence d’agir, les experts se montrent particulièrement pessimistes. «A terme, nous connaîtrons de plus en plus de pics de ce type, avec des températures normales qui vont continuer d’augmenter régulièrement», avertit ainsi François Jobard.

Si aucune politique en faveur du climat ne fonctionne ou n’est mise en place de façon durable, Météo France se montre même particulièrement alarmiste.  Dans le pire des scénarios, les canicules qui se dérouleront lors de la seconde moitié du XXIe siècle pourraient alors survenir trois années sur quatre et se produire sur une période beaucoup plus longue qu’aujour’hui, de mai à… octobre.

Des conséquences désastreuses

Les conséquences pour la Terre comme pour ses habitants seraient alors désastreuses. Si la hausse du mercure n’est pas endiguée, les glaces des pôles connaîtront une fonte spectaculaire. Le Groenland lui-même pourrait disparaître. De quoi entraîner une hausse terrifiante du niveau des océans et des mers, jusqu’à atteindre sept mètres dans le prochain millénaire. Les neiges éternelles et les glaciers seraient aussi en grand danger, puisque les journées de dégel à haute altitude se multiplieraient. Conséquence directe : d’importants éboulements, voire des inondations dans les zones situées plus bas.

A terme, des espèces d’insectes africains ou asiatiques, incapables de survivre actuellement en Europe, pourraient alors s’y installer sans problème, avec le risque de les voir transmettre des virus comme le chikungunya, la dengue, voire même la malaria, s’inquiètent certains. Dans ce contexte ultratendu, l’Onu prédit déjà que, d’ici à 2050, 250 millions de personnes pourraient devenir des réfugiés climatiques.

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