Fraude fiscale, abus de biens sociaux, blanchiment : Dieudonné condamné à 2 ans de prison ferme

[KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

Le polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala a été condamné vendredi à deux ans de prison ferme pour fraude fiscale, blanchiment ou encore abus de biens sociaux.

Lors du procès, qui s'était tenu entre fin mars et début avril à Paris, le parquet avait requis dix-huit mois de prison ferme contre l'humoriste controversé, tandis que ses avocats avaient plaidé sa relaxe.

Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour ses sorties antisémites, avait opposé tout au long des débats son droit au silence au tribunal correctionnel, se disant simplement «innocent» de ce qui lui est reproché.

Aux yeux des deux procureurs à l'audience, «la culpabilité des prévenus», Dieudonné, sa compagne et leur société des Productions de la plume, «ne fait aucun doute».

L'accusation considérait que le polémiste de 53 ans «n'est pas un artiste bohème déconnecté» des chiffres, mais bien le gérant de fait de cette société dirigée officiellement par sa compagne, «créée pour favoriser sa dissimulation».

Entre 2009 et 2014, selon le calcul du parquet, «1,2 million d'euros ne passent pas sur les comptes bancaires» de l'humoriste, qui se disait dans le même temps ruiné et insolvable.

Plus de 657.000 euros en espèces avaient été retrouvés à son domicile en 2014, et lui et ses proches ont envoyé plus de 565.000 euros à l'étranger, principalement au Cameroun où il a des liens familiaux. 

Dieudonné M'Bala M'Bala était poursuivi pour avoir détourné à son profit des recettes en liquide de ses spectacles non comptabilisées dans les comptes des Productions de la plume, avoir minoré ses déclarations d'impôts, blanchi une partie des espèces en les expédiant à l'étranger et organisé son insolvabilité.

Son théâtre parisien de La Main d'Or, dont il a depuis été expulsé, ne possédait ni caisse enregistreuse ni terminal de paiement bancaire. Soit, selon le «une organisation entièrement tournée vers l'encaissement occulte des espèces».

«Pas un procès politique»

Les procureurs avaient requis contre lui trois ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis, ainsi que 285.000 euros d'amende et l'interdiction de gérer une société pendant cinq ans. Contre sa compagne Noémie Montagne, dirigeante de droit de la société, 18 mois avec sursis et la même interdiction de gérer. Et 400.000 euros d'amende contre les Productions de la plume pour avoir dissimulé des recettes.

Le fisc, partie civile, avait par ailleurs demandé le paiement de centaines de milliers d'euros d'«impôts fraudés», qui seraient le cas échéant fixés par le tribunal administratif, et 100.000 euros en réparation du blanchiment de fraude fiscale.

Depuis 1997, il «est quasiment en délicatesse constante avec l'administration fiscale», avait rappelé l'un des procureurs, quand ses avocats rétorquaient qu'il a réglé, depuis, quelque 2 millions d'euros d'impôts.

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