L'Europe à l'honneur pour le défilé du 14 juillet

Le passage d'unités de la Brigade franco-allemande constituera l'un des temps forts du défilé qui fera la part belle aux nations européennes. Le passage d'unités de la Brigade franco-allemande constituera l'un des temps forts du défilé qui fera la part belle aux nations européennes. [PATRICK HERTZOG / AFP]

A l'occasion du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, qui aura lieu ce dimanche sur les Champs-Elysées, les couleurs de l'Europe seront portées haut dans le ciel de Paris, comme sur ses pavés.

Le Vieux Continent sera ainsi célébré face à la ville et au monde, sous le mot d'ordre : «agir ensemble», thème de cette édition 2019.

Celui-ci fait référence aux coopérations militaires menées par l'armée française en collaboration avec d'autres nations européennes, au travers de l'Initiative européenne d'intervention (IEI).

Née de la volonté d'Emmanuel Macron, cette structure, créée en juin 2018 pour faire avancer l'Europe de la Défense, rassemble aujourd'hui dix Etats européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Estonie, Finlande, France, Portugal, Espagne et Royaume-Uni).

Son but : renforcer les liens entre les différentes armées des pays signataires, de façon à pouvoir mener des opérations visant à protéger «les intérêts stratégiques européens», notamment en Méditerranée, dans la bande Sahel-Sahara, au Moyen-Orient ou en Europe de l’Est.

Pour le 14 juillet, les étendards de 10 unités militaires représentant les 10 pays membres de l’IEI défileront ainsi dans l’ordre suivant : France, Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni.

Mais l'Europe sera également fêtée dans les airs puisqu'en amont du passage des troupes à terre, plusieurs avions étrangers sillonneront le ciel de Paris. Parmi les 67 appareils prévus, huit sont en effet européens et proviennent d'Espagne, du Royaume-Uni, de l'Allemagne (2), des Pays-Bas, de la Belgique et du Portugal. 

Plusieurs chefs d'Etat ou de gouvernement attendus

Pour assister au spectacle, les différents chefs d'Etat ou de gouvernement des pays respectifs, ont bien sûr été invités par Emmanuel Macron.

Dans la tribune d'honneur, sont ainsi d'ores et déjà annoncés la chancelière allemande, Angela Merkel, le président de la Finlande, Sauli Niinistö, la présidente de l'Estonie, Kersti Kaljulaid, le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, ou encore le Premier ministre belge, Charles Michel.

Outre le passage de l'IEI, à noter que le défilé du 14 Juillet mettra également à l’honneur un détachement de militaires espagnols du 3e régiment d’infanterie, qui s’est illustré lors de sa participation à la Mission de formation de l’Union Européenne au Mali en 2019. Il rassemblera, à lui seul, 86 soldats venus battre le pavé des Champs-Elysées.

Autre temps fort du défilé, quelque 500 soldats français et allemands issus de toutes les unités de la brigade franco-allemande (BFA) descendront la plus belle avenue du monde.

Structure binationale unique en son genre, la BFA a ces derniers mois, elle aussi, été particulièrement impliquée dans la stabilisation du Mali. Elle fête, cette année, ses 30 ans d'existence.

Une portée politique

La célébration des nations européennes lors du défilé du 14 juillet est d'autant plus symbolique que celle-ci intervient quelques semaines seulement après les élections européennes de mai dernier.

A l'issue du scrutin, le raz-de-marée eurosceptique tant redouté par certains n'a certes pas eu lieu au Parlement mais les équilibres politiques ont tout de même été chamboulés et l'hémicycle apparaît aujourd'hui plus que fragmenté.

En faisant le choix de faire parader des hommes et des femmes issus de différents pays et intervenant souvent lors d'opérations communes permet ainsi de réaffirmer une certaine idée de la solidarité européenne.

La création d’une Initiative européenne d’intervention avait en outre été proposée par le président de la République lors de son emblématique discours de la Sorbonne, en septembre 2017, lors duquel il avait présenté un vaste projet pour «refonder l'Europe».

Une ambition qu'il n'a eu de cesse de défendre depuis son élection il y a deux ans et qu'il avait rappelée et présentée en détail en mars 2019, dans une  «lettre à l'Europe» inédite et publiée dans la presse des 28 Etats de l'Union - Royaume-Uni compris - dans la perspective du scrutin européen.

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