Les supermarchés s'enrichissent sur le dos du bio, dénonce l'association UFC-Que Choisir

Un étal de fruits et légumes bio dans un supermarché de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). [© THOMAS SAMSON / AFP]

Supermarché n'est pas meilleur marché. Les fruits et légumes d'origine biologique seraient vendus bien trop chers par les grandes surfaces, selon une enquête publiée ce jeudi par l'UFC-Que Choisir.

Après avoir comparé, pendant un an, les 24 fruits et légumes les plus achetés dans l'Hexagone, le magazine de l'association de consommateurs affirme que les marges brutes de la grande distribution sur les produits bio sont, en moyenne, 75% plus élevées que celles sur les productions conventionnelles. Et, sans surprise, ce sont sur les produits les plus consommés qu'elle se gave par-dessus tout.

Par exemple, pour les pommes de terre, les tomates et les pommes biologiques (le top 3 de l'assiette du Français), les supermarchés réalisent respectivement 83%, 109% et 149% de marge de plus que sur les mêmes produits non bio. La palme de la marge outrancière revient cependant au poireau bio, avec un profit deux fois et demi supérieur à celui du conventionnel (+165%). Résultat : le prix d'un produit bio en rayon double par rapport au conventionnel, calcule l'UFC-Que Choisir.

LE MAGASIN BIO MOINS CHER QUE LE SUPERMARCHÉ

En pointant du doigt les marges exorbitantes des enseignes, l'enquête menée par l'association s'emploie à déconstruire un mythe. A savoir que le prix élevé des produits bio, annoncés sans pesticides et plus respectueux de l'environnement, proviendrait des surcoûts agricoles (main-d'œuvre, stockage, distribution, pertes...). «On sait que cela coûte plus cher de produire bio, mais la cherté vient surtout d'une sur-marge que la grande distribution prend spécialement sur les produits bio», affirme le président de l'association, Alain Bazot, dans les colonnes de France Info, dénonçant la désinformation d'un marketing qui «laisse croire» que «la grande distribution, c'est toujours moins cher». 

D'autant plus que ce bio-business a de lourdes conséquences sur le portefeuille des Français. Si le grande distribution appliquait au bio les mêmes marges qu'elle applique aux fruits et légumes traditionnels, les ménages réaliseraient en moyenne 18% d'économies par an (121 euros) sur leurs achats de fruits et légumes bio. Conclusion du magazine: il est préférable de faire jouer la concurrence en achetant ses produits sur les marchés ou dans des magasins spécialisés bio, où ils sont 19% moins chers qu'en supermarché.

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