Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : pourquoi les empreintes digitales peuvent être trompeuses

L'homme arrêté vendredi à Glasgow, en Ecosse, n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès. C'était pourtant ce que laissait penser la comparaison entre les empreintes digitales des deux hommes à laquelle les autorités écossaises avaient procédé ce jour-là. Avant que les analyses ADN ne viennent prouver le contraire ce samedi. Comment un tel couac a pu se produire ? Pourquoi les empreintes papillaires ne sont pas des preuves irréfutables ?

«Selon les estimations couramment admises, la probabilité que deux personnes aient la même empreinte digitale est de 1 sur 10 puissance 14», affirmait le site maxisciences dans un article daté de 2014. Il s’agit d’un ratio extrêmement faible, il faut bien l’admettre. Théoriquement, la comparaison des empreintes papillaires permet de procéder à l'identification d'un individu avec une quasi-certitude.

Pourtant, force est de constater, dans ce cas au moins, que les empreintes digitales ne sont pas suffisantes. Selon LiveScience, 1.000 erreurs d'identification par empreintes digitales sont comptabilisées chaque année. Alors pourquoi les empreintes ne suffisent-elles pas dans certains cas et comment peuvent-elles tromper les enquêteurs ?

En réalité, plusieurs éléments entrent en compte et peuvent venir compliquer les choses, et ce, dès le relevé d'empreintes.

La trace digitale, peu fiable ?

Celui-ci peut être rendu imprécis par des taches ou des saletés. Plus que l'empreinte c'est donc la trace digitale qui peut biaiser la comparaison et le résultat. Elle est définie par le site Pourlascience.fr comme «l'image par transfert de l’empreinte sur un support».

En outre, des erreurs humaines peuvent également se produire. L'empreinte relevée sur une scène de crime, que l'on attribue au suspect, peut par exemple appartenir à une autre personne.

Enfin, certaines maladies de peau ou son vieillissement peuvent également altérer ou modifier une empreinte.

Des points de correspondances 

C'est d'ailleurs pour ces raisons que, lors des enquêtes, un nombre minimum de correspondances entre différents points des empreintes papillaires est nécessaire pour établir le «match» et donc l'identification d'un suspect.

Toutefois, ces normes ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre. Dans le cas de l'homme interpellé à Glasgow, ce sont peut-être ces différences réglementaires qui sont au moins partiellement à l'origine du couac.

Un nombre de points correspondants assez faible - cinq selon des informations de presse - aurait permis aux autorités écossaises de conclure à l'identification de Xavier Dupont de Ligonnès. Or, en France, les enquêteurs estiment qu'il doit y avoir 12 points de correspondances entre deux empreintes pour considérer qu'il s'agit d'une seule et même personne.  

Aucun doute donc, la génétique est reine et seules les analyses ADN font foi en matière d'identification. 

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