Un étudiant de 22 ans entre la vie et la mort après s'être immolé par le feu devant le CROUS de Lyon

Il avait fait part de ses «difficultés financières» dans un message publié sur Facebook[JEFF PACHOUD / AFP]

Il s'agit d'un geste dramatique et désespéré. Un étudiant de 22 ans a été grièvement brûlé vendredi après-midi à Lyon après s'être immolé devant un bâtiment du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS).

«Brûlé à 90%», le jeune homme, dont on ignore la nationalité, a d'abord été traité sur place avant d'être transporté au Centre des brûlés à l'hôpital Edouard Herriot, ont indiqué les pompiers.

Le drame est survenu peu avant 15h dans le 7e arrondissement de Lyon. Prévenue par un SMS, la petite amie de la victime originaire de Saint-Etienne a alerté les secours qui sont rapidement arrivés sur les lieux.

«Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE m'ont tué»

Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes et les criconstances de son geste. Mais, selon Le Progrès, le jeune homme avait publié un message sur Facebook avant de passer à l'acte. Il y faisait part de ses «difficultés financières» et se revendiquait fervent opposant du «fascisme et du libéralisme».

Il accusait notamment «Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE» de «[l'avoir] tué». «Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser, et du libéralisme, qui créé des inégalités. [...] Mon dernier souhait, c'est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça», soulignait-il aussi dans ce message.

Les syndicats étudiants dénoncent «la précarité» et parle d'un geste «politique»

Les fédérations syndicales étudiantes SUD-éducation et Solidaires ont dénoncé samedi dans un communiqué commun «la précarité» de «la vie des étudiant-e-s», au lendemain du geste «à la portée politique» du jeune homme.

«Son acte ne saurait être réduit au seul désespoir, c'est aussi à la portée politique. Dans son message, notre camarade décrit la précarité qu'il subit, conséquence des politiques libérales, et le racisme quotidien», pointe le syndicat, qui souligne que «la précarité s'étend» et «broie de plus en plus de vies, y compris la vie des étudiant-e-s». 

Frédérique Vidal à Lyon

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal s'est rendue samedi matin à Lyon pour rencontrer la présidente de l'université et les équipes du CROUS pour leur faire «part de sa profonde émotion face à l'acte dramatique» de l'étudiant, «auquel elle a adressé ses premières pensées», selon le ministère.

L'université Lyon 2 a annoncé sur son compte Twitter qu'une cellule d'écoute serait mise en place dès mardi 14h sur le campus Porte des Alpes. 

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