Retraites : pourquoi les enseignants sont-ils mobilisés ?

Le corps enseignant réclame des garantis sur la réforme des retraites.[MYCHELE DANIAU / AFP]

Avec un taux de grévistes de 51,15% dans le primaire et de 42,32% dans le secondaire, le corps enseignant connait une forte mobilisation en ce mercredi 5 décembre de manifestations et de grèves.

«Si la réforme était appliquée intégralement», les enseignants perdraient «entre 300 et 900 euros par mois» selon les métiers, a affirmé Benoît Teste, qui doit succéder à la tête de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) à Bernadette Groison.

Les enseignants espèrent donc des garanties de la part du gouvernement. A commencer par une revalorisation des pensions. Car même si «des garanties (ont été) affichées», notamment par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, «aucun élément concret» ni «aucun calendrier» n’ont été précisés aux représentants du corps enseignant, a souligné le futur chef de fil du FSU.

Un point jeudi soir sur la suite du mouvement

Cette dernière craint que la revalorisation annoncée ne touche qu'une partie des enseignants, les plus jeunes, «alors que toutes les retraites se dégradent», et qu'elle soit assortie de nouvelles missions. Elle réclame l'intégration dans le calcul des retraites des années d'études et des stages.

«Le gouvernement ne dit pas comment on fait pour passer de la situation actuelle à la réforme, or une revalorisation coûtera cher, de l'ordre de 10 à 15 milliards», observe Benoît Teste.

Pour le moment, la fédération réserve sa position sur la poursuite ou non du mouvement. «Nous ferons le point jeudi soir», à partir des remontées du terrain, explique Bernadette Groison, avant de participer vendredi matin à une intersyndicale avec la CGT, FO, FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse.

Bernadette Groison, 58 ans, enseignante en maternelle à Montrouge, quittera son poste lors du congrès de Clermont-Ferrand après dix ans et trois mandats à la tête de la FSU.

Benoît Teste, 41 ans, professeur d'histoire-géographie à Saint-Denis, est seul candidat à la succession. Il est actuellement secrétaire national de la FSU en charge des retraites et de la fonction publique, et secrétaire général adjoint du Snes-FSU, premier syndicat des enseignants des collèges et lycées.

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