«Je n’avais plus le droit de faire la bise aux gens. Je devais dissimuler mes fesses...» : Une surveillante de prison téléguidée via oreillette par un détenu

Les dernières semaines, après que le détenu a réussi à lui faire déposer une demande de divorce et quitter son mari, la victime vivait complètement et littéralement téléguidée par son tortionnaire. [Prison d'Argentan / Google Street View]. [Google Street View]

L'histoire d'amour interdite cachait en fait une sordide emprise sur une victime totalement à la dérive. En seulement trois mois, un détenu a réussi à dominer une femme mariée, au point de lui imposer de vivre avec une oreillette et ainsi lui dicter ses ordres, de jour comme de nuit.

Comme le relate Ouest-France, les faits se sont produits au centre de détention d'Argentan, dans l'Orne.

Tout a démarré au retour des vacances d’été de cette surveillante pénitentaire, moment auquel, selon son propre témoignage, le détenu l'a prise «dans ses filets».

À la barre du tribunal correctionnel d’Argentan, où elle était jugée en comparution immédiate au côté du détenu le 2 décembre dernier, elle explique ainsi que ce dernier lui a dit qu'elle «lui avait manqué». «Il était prévenant et gentil», dit-elle en résumé.

«Le 13 septembre, il m’a dit qu’il m’aimait», a-t-elle ajouté en évoquant cette histoire d'amour totalement interdite et surprenante, elle qui, alors mariée, jouissait pourtant d'une expérience professionnelle de dix-sept ans passés à la prison de Fleury-Mérogis.

Néanmoins, de fil en aiguille, elle perd pied devant cet Algérien de 37 ans qu'elle cotoie tous les jours, l'homme étant auxiliaire pour la télévision et le coiffeur de la prison.

Elle fait passer des téléphones en prison et se convertit à l'Islam

Pour lui, elle ira jusqu'à faire entrer trois cartes SIM et cinq téléphones portables. Elle transportera en outre 4.000 euros à Paris, pour le compte d’un autre détenu et se convertira à l'Islam. «J’ai fait ça pour lui faire plaisir. Ce n’est pas mon monde, j’aurais pas fait la prière», a-t-elle dit au tribunal.

Et de poursuivre le récit de cet effroyable engrenage : «Je n’avais plus le droit de faire la bise aux gens. Il fallait que je porte une chose au-dessus de mes fesses pour pas les faire voir».

Les dernières semaines, après que le prévenu a réussi à lui faire déposer une demande de divorce et quitter son mari, elle vivait complètement et littéralement téléguidée par son tortionnaire.

Personne à la prison n'aurait rien remarqué

Elle devait pour lui porter une oreillette en permanence, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'homme lui disait ainsi d’aller et venir où il voulait.

Fait surprenant, alors que la victime assure avoir tenté d’envoyer des signaux à la psychologue pénitentiaire et à d'autres salariés de la prison, personne n’aurait rien remarqué.

Face au juge, le détenu, prévenu pour une affaire de recel et déjà condamné pour plusieurs agressions sexuelles et un viol, s’est quant à lui excusé, assurant être «musulman pratiquant mais pas plus que ça».

L'homme a été condamné à deux ans de prison avec mandat de dépôt et maintien en détention. La surveillante, à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Une peine toutefois aménageable, au vu du contexte particulier.

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