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Seine-Saint-Denis : un territoire dynamique selon l'Insee, malgré les difficultés sociales persistantes

Photo prise à Saint-Ouen, en plein renouvellement urbain. Photo prise à Saint-Ouen, en plein renouvellement urbain.[© Philippe LOPEZ / AFP]

Entre croissance démographique soutenue et forte attractivité économique, le département de la Seine-Saint-Denis (93) est en plein boom, selon un rapport de l'Insee publié ce jeudi 13 février. Pour autant, les difficultés sociales y sont persistantes.

Depuis 20 ans, le département de la Seine-Saint-Denis est l'un de ceux qui a connu la plus forte hausse de l'emploi en France, avec 15 % d'augmentation entre 1999 et 2010 et 8 % entre 2010 et 2015. «Un essor économique exceptionnel» selon l'Insee, qui rappelle qu'après 50 ans de désindustrialisation, le célèbre «9-3» n'est désormais plus considéré comme «industriel» et comprend, en outre, «85 % d'emplois tertiaires».

De fait, grâce au développement de pôles économiques tels que La Plaine-Saint-Ouen, Montreuil-Bagnolet ou encore Bobigny, la Seine-Saint-Denis est devenu le 5e département français en terme du nombre d'emplois de cadres, qui représentent désormais 24 % des emplois du territoire. A noter toutefois que «plus de 70 % de ces emplois hautement qualifiés» sont occupés, selon l'Insee, par des «non-résidents».

Le taux de pauvreté le plus élevé de France

L'apparent dynamisme du département ne doit en effet pas faire oublier que, depuis 20 ans, le taux de chômage «dépasse les 10 % (11 % au troisième trimestre 2019)» en Seine-Saint-Denis, le hissant à la 9e place des départements français les plus touchés.

De même, la Seine-Saint-Denis affiche le taux de pauvreté le plus élevé du pays, deux fois supérieur à la moyenne nationale (27,9 % en Seine-Saint-Denis contre 14,1 % en France, en 2017). Selon l'Insee, plus de 11 % de la population touche le RSA, soit 85.200 allocataires en 2018.

Autres signes de ces difficultés sociales persistantes : avec 32 % de ménages locataires du parc social, la Seine-Saint-Denis présente le taux le plus élevé du pays d'habitants en HLM. La richesse patrimoniale de la population «est également limitée» selon l'Insee, avec seulement 39,9 % de propriétaires contre 57,7 % de moyenne en France.

Des disparités au sein même du territoire

A noter pour autant qu'il existe d'importantes disparités géographiques au sein même de la Seine-Saint-Denis, avec «cinq types de territoires» selon l'Insee, soit autant de zones bien délimitées qui concentrent d'un côté l'attractivité économique (Saint-Ouen, Saint-Denis), la gentrification (Pantin, Montreuil), de l'autre les lieux de résidence (l'est du département), l'influence aéroportuaire (Villepinte, Tremblay-en-France) et enfin, les fragilités socio-économiques (au nord de Bobigny).

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De fait, Saint-Ouen et Saint-Denis affichent par exemple le taux de concentration de l'emploi le plus fort du département (189,7 %), tout en présentant le taux de pauvreté le plus élevé (34,6 %). La transformation de ce territoire «contraste» en effet terriblement «avec la situation de la population résidente, aux conditions de vie souvent fragiles», explique l'Insee.

Côté Pantin et Montreuil, des villes «bien desservies par les transports» sont devenues, selon l'Insee, «emblématiques du processus de gentrification de la proche banlieue parisienne». Le territoire concentre en effet 14,3 % de cadres résidents, contre 8,6 % sur l'ensemble du département. Pour autant, le taux de pauvreté y reste élevé (26,1%). Le risque, selon l'Insee, est «de voir la fragmentation socio-spatiale augmenter dans ces communes dans les prochaines années», entre les habitants à fort pouvoir d'achat et les autres.

Autre exemple, le nord et le centre du département qui accueillent une population modeste, voire précaire, et qui «symbolisent la fragilité socio-économique» du 93. Le taux de pauvreté y est de 33,7 %, alors que plus de 30 % des habitants ont moins de 20 ans et que 39 % des habitants occupent un logement social. A noter que «plus d'une personne sur deux est sans baccalauréat et plus de deux sur dix sont au chômage.

Vers une réduction des inégalités ?

Pour autant, l'avenir s'annonce meilleur pour la Seine-Saint-Denis, qui se trouve au coeur des projets de renouvellement urbain à venir. Entre la construction du Grand Paris Express et l'accueil des Jeux Olympiques de 2024, le département se trouve en effet «au coeur de grands chantiers appelés à poursuivre la transformation du territoire», explique ainsi l'Insee.

A terme, avec le futur métro du Grand Paris, Saint-Denis (93) ne sera plus qu'à 13 minutes de la Défense (92), via la ligne 15 ouest, ou encore à 15 minutes de Châtelet, via la ligne 14 nord. L'un des principaux enjeux de ces grands travaux est en effet de «réduire les inégalités par rapport au reste de l'Ile-de-France». 

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