Pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus dans les prisons, l'accès aux parloirs pour les familles de détenus a été suspendu depuis ce mercredi jusqu'au 31 mars.
Les autorités ont indiqué l'importance d'expliquer la raison de cette mesure aux prisonniers et à leurs proches, «afin de limiter son impact sur le climat des détentions». Elles redoutent en effet que la décision ne tende encore plus la situation derrière les barreaux, dans un contexte de surpopulation carcérale et alors que le pays compte plus de 70.000 détenus pour 30.000 surveillants.
Les centres pénitentiaires connaissent de plus en plus de «mutineries» et de violences depuis l'annonce. Des incidents graves ont eu lieu hier, lors des retours de promenade, à Maubeuge, Douai et Perpignan. Les ERIS, forces spéciales de l'administration pénitentiaire, ont dû intervenir dans les deux premiers établissements. D'autres heurts ont aussi été signalés à Nancy, Angers, Saint-Etienne, Valence et Toulon.
des morts lors de mutineries en italie
A Grasse, entre 50 et 100 détenus sont parvenus à sortir des cours de promenade en cassant des portes et se sont retrouvés dans des «zones intermédiaires, d'où ils ont jeté des projectiles sur les forces de sécurité», a indiqué la préfecture. Le RAID, des CRS, un peloton de gendarmerie et des renforts venus de Marseille ont dû intervenir pour sécuriser les lieux.
Preuve de l'importance d'informer les détenus sur les mesures prises, ils pensaient que les promenades ou la livraison des colis allaient également être stoppées. Ce qui n'est pas le cas.
Ce type de soulèvement pourrait se répéter sur le territoire, avec un risque pour la sécurité des forces de l'ordre et des détenus. En Italie, la suppression des parloirs avait entraîné le même genre de réactions violentes, causant la mort de plusieurs prisonniers.
![[JOEL SAGET / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/000_1py9c8_5e71d71012ed2.jpg?itok=X2XyAII2)