La charge est lourde, le témoignage édifiant. Interrogé par franceinfo, ce dimanche 22 mars, le président de la commission médicale du centre hospitalier départemental de Vendée déplore l'attitude des citadins venus se réfugier dans la région car, affirme-t-il, certains d'entre eux ont transporté le coronavirus.
Philippe Feigel est très en colère et il ne mâche pas ses mots. Au micro de nos confrères, le médecin estime ainsi que cette arrivée massive de citadins fuyant le confinement de la capitale contre le Covid-19 va tout simplement avoir pour effet de produire «une catastrophe sanitaire garantie».
Pire, la «catastrophe», dit-il, a même déjà commencé. Le docteur Feigel en veut pour preuve que certains des urbains sont en fait déjà «arrivés avec des symptômes».
Et de poursuivre : «Plusieurs collègues m'ont dit qu'ils avaient reçu des patients avec un syndrome viral fébrile. Et actuellement, jusqu'à preuve du contraire, un syndrome viral fébrile, c'est un coronavirus».
Renforcer le confinement
Pour lui, pas de doute donc, cet afflux de patients est bien constitué d'urbains venus se réfugier en Vendée. «Ils sont arrivés le week-end dernier. Et dès le lundi matin, les cabinets de ville étaient submergés par les patients fébriles, avec des douleurs céphaliques, et qui avaient des symptômes d'infection», s'indigne-t-il.
Coronavirus : des urbains venus se réfugier en Vendée "ont diffusé l'infection", affirme un médecinhttps://t.co/NbFiMLvwfcpic.twitter.com/XUZ5UQgKGL
— franceinfo (@franceinfo) March 22, 2020
A l'image de nombreux autres médecins et professionnels de santé, le docteur Feigel préconise maintenant de renforcer le confinement «pour étaler l'épidémie au maximum et pour ne pas se retrouver dans la situation de l'Alsace ou du nord de l'Italie».
Ce serait, conclut-il, la seule solution pour tenter de contenir l'infection et éviter une arrivée massive de patients dans les hôpitaux locaux, moins nombreux et moins pourvus en lits de réanimation.
![Un service de réanimation dans un hôpital de banlieue parisienne, en 2013 [FRED DUFOUR / AFP/Archives] Un service de réanimation dans un hôpital de banlieue parisienne, en 2013 [FRED DUFOUR / AFP/Archives]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/66940c089f699dc5172d77fab8e47917b7a026d1.jpg?itok=tU974Hwt)