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Coronavirus : un 1er-Mai inédit sans manifestation

Le Secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, participe le 20 février 2020 à Paris à une manifestation contre la réforme des retraites. [Martin BUREAU / AFP] Le Secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. [Martin BUREAU / AFP]

Les Français s'apprêtent à vivre un 1er-Mai confiné inédit, sans manifestation ni guère de brins de muguet, mais avec une multitude d'interrogations en tête sur les conditions de déconfinement

La fête du Travail, jour férié de très nombreux pays dans le monde (avec des exceptions comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie), ne donnera lieu cette année à aucun rassemblement traditionnel. C'est sans précédent dans l'histoire des syndicats.

Concerts de casseroles, chants collectifs, manifs en ligne et pancartes revendicatives : les syndicats, sortis déçus d'une réunion par visioconférence avec Edouard Philippe sur les modalités du déconfinement, célèbreront la journée internationale des travailleurs sur les réseaux sociaux et depuis les balcons.

«C'est l'occasion de porter les exigences sociales que nous défendons depuis longtemps et que la crise a mises en exergue», expose Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Avec la FSU, Solidaires, les mouvements lycéens Fidl, MNL, UNL et étudiant Unef, il a appelé à mettre en lumière les «oubliés» et les «invisibles de nos sociétés».

En ligne de mire, les personnels de santé, les salariés du commerce, de l'agroalimentaire, du paramédical, du social, de l'entretien, les agents du service public, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus.

Le chômage partiel inquiète

Alors qu'une deuxième vague de l'épidémie est redoutée dans les hôpitaux, le Premier ministre a entamé les consultations avec le patronat et les syndicats avec comme enjeu de remettre les Français au travail face une récession économique historique.

Pour Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, «il faut qu'un maximum de Français reprennent le travail», alors que le chômage a connu une envolée historique en mars (+7,1%).

Dans ce contexte, le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier a réclamé que le dispositif du chômage partiel soit prolongé, alors que le gouvernement prévoit de réduire la voilure à partir de juin.

La récession liée à la pandémie de Covid-19 se confirme chaque jour. Les seules deux premières semaines de confinement, en mars, ont provoqué une contraction de 5,8% du PIB au premier trimestre, selon l'Insee.

En vue du déconfinement progressif qui va conduire les Français à reprendre le travail, l'exécutif a présenté jeudi soir la liste des départements en rouge, orange et vert selon l'état de l'épidémie et des services de réanimation.

Sans surprise, l'ensemble de l'Ile-de-France et le quart nord-est du pays, les deux principales zones touchées, figurent intégralement en «rouge», ainsi que la Haute-Corse, le Cher, le Lot et Mayotte. La carte sera mise à jour quotidiennement jusqu'au 7 mai, avant le début du déconfinement prévu le 11, a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le coronavirus a fait depuis le 1er mars 24.376 morts, dont 289 au cours des dernières 24 heures. Le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, a cependant souligné que les services de réanimation comptent désormais 4.019 patients (-188 en 24 heures) contre près de 7.200 le 9 avril.

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