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Pour le 1er-mai, les syndicats appellent à une mobilisation en ligne et au balcon

Les organisations syndicales veulent notamment mettre le personnel soignant à l'honneur. [Photo d'illustration / LIONEL BONAVENTURE / AFP].

Un «défilé» virtuel à nul autre pareil. Cette année, confinement oblige, plusieurs syndicats appellent à se mobiliser différemment pour ce 1er-mai. Accompagnés de plusieurs organisations de jeunesse, ils invitent en effet les Français à arborer ce jour-là des pancartes depuis leur balcon ou à scander des slogans en ligne, de façon à inonder les réseaux sociaux.

Les cortèges étant interdits, à cause de l'épidémie de coronavirus, les organisations syndicales, mais aussi celles représentatives de la jeunesse, veulent donc marquer le coup à leur façon, lors de la journée internationale des travailleurs, comme elles l'ont fait savoir lundi 20 avril au soir.

Une mobilisation originale qui serait la première depuis les dernières manifestations contre la réforme des retraites, début mars. 

«Même confinés, manifestons toutes et tous le 1er mai avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux, et donnons à cette journée une véritable force collective», ont écrit en ce sens et dans un communiqué commun les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires et les mouvements lycéens Fidl, MNL, UNL et étudiant Unef.

Une mobilisation pour les «oubliés» du Covid

Et si le Covid-19 vient modifier la forme de la mobilisation, les sept organisations entendent également appuyer leurs revendications sur le fond, en mettant en lumière les «oubliés» de l'épidémie et les «invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie».

«Ce sont d'abord l'ensemble des personnels de santé qui n'ont pas compté leurs heures, leur dévouement», mais aussi les salariés, «souvent des femmes, du commerce, de l'agroalimentaire, du paramédical, du social, du nettoiement», les agents des services publics, «et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population», précise le communiqué intersyndical.

«Les paroles de reconnaissance du gouvernement n'ont pas été suivies d'actes forts», estiment enfin les signataires, qui réclament «de vraies revalorisations salariales du Smic et des salaires».

FO appelle à une mobilisation à part

Reste que si cette année la mobilisation prendra une forme inédite, le syndicat Force ouvrière (FO) appellera, comme le veut la tradition, à ses propres mobilisations le 1er-mai, mais toujours sur les réseaux sociaux.

La troisième force syndicale du pays entend ainsi porter ses revendications d'une «augmentation générale des salaires et du Smic», de «l'égalité femmes-hommes» et du «renforcement des systèmes de protection sociale collective (santé, assurance chômage, retraite)», selon la déclaration de sa commission exécutive adoptée lundi 20 avril.

Des banderoles récemment mises à l'index

Reste à savoir également dans quelle mesure cet appel syndical à afficher des messages depuis chez soi sera suivi d'effets et quelle sera la teneur même de certains de ces messages.

Alors que la population est confinée depuis le 17 mars dernier, la presse s'est récemment fait l'écho de plusieurs affaires où des habitants ont reçu la visite de policiers parce qu'une banderole à connotation politique recouvrait leur fenêtre.

Mardi 14 avril, un couple de Parisiens a ainsi vu frapper à sa porte des policiers après avoir décoré une de leur fenêtre d'une banderole. «Macron, on t'attend à la sortie», pouvait-on y lire. De quoi constituer «une menace», voire un «outrage à magistrat», selon le témoignage du couple fait à Mediapart.

A Marseille, au début du mois d’avril, ce sont les occupants d'un immeuble squatté qui ont fait l'objet d'une enquête pour «affichage sauvage», alors que les règles autour de l'affichage sont normalement soumises à une autorisation préalable.

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