Les deux chirurgiens qui avaient opéré un enfant de 11 ans, décédé en novembre 2014 à Metz (Moselle) à la suite d'une intervention pour une appendicite, ont été renvoyés en correctionnelle par le parquet de Reims (Marne) pour homicide involontaire.
«Il appartient à présent au magistrat instructeur de décider s'il suit les réquisitions du parquet. Dans l'affirmative, il conviendra que je trouve une date d'audience, sans doute en fin d'année ou début 2021», a indiqué Matthieu Bourrette, procureur de Reims.
«Nous attendions cette décision depuis cinq ans», s'est félicité de son côté Pierre Jeras, le père de Corentin qui, avec la mère du garçon, avait porté plainte contre X dès le lendemain du décès.
Corentin avait été admis le 31 octobre 2014 à la clinique Claude-Bernard de Metz pour des douleurs au ventre diagnostiquées comme une appendicite aiguë. Lancée le 1er novembre, l'intervention avait été rapidement stoppée lorsqu'un choc avait été constaté à la pose d'un tube pour une cœlioscopie, une technique chirurgicale permettant d'opérer à l'intérieur du ventre en ne faisant que de petites incisions.
Selon une source proche du dossier, c'est à cette occasion que l'aorte de l'enfant avait été touchée, provoquant un choc hémorragique trop tardivement décelé.
Au total, sept praticiens étaient intervenus au chevet de Corentin. Il était tragiquement décédé le lendemain au CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) où il n'avait été transféré en urgence qu'au bout de neuf heures d'opération à Metz.
onze sinistres en treize mois pour l'un des chirurgiens
Le père de Corentin, à l'origine de la demande de dépaysement du dossier de Metz vers Reims, autorisé par la Cour de cassation, «accuse» cependant la justice «d'avoir orienté l'affaire pour épargner la clinique» et éviter qu'elle se retrouve sur «le banc des accusés».
Dans un courrier qu'il a d'adressé à la Chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims, il demande ainsi «avec fermeté un complément d'investigations et le renvoi en correctionnelle de l'ancien directeur» de la clinique. Selon lui, ce dernier ne pouvait ignorer que l'un des chirurgiens poursuivis avait déjà été impliqué dans plusieurs accidents chirurgicaux.
«Le dossier comporte un rapport de l'assurance (du chirurgien) faisant état au moins de onze sinistres indemnisés en treize mois de présence en Lorraine et pour des préjudices importants au regard des indemnisations», écrit-il.
En 2016, l'ordre des médecins avait également suspendu d'exercice les deux praticiens, pour respectivement trois et deux ans.
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