C’est un effet collatéral de la crise du coronavirus. Avec la vague de libérations anticipées de détenus depuis le mois de mars, le taux de population carcérale française est historiquement passé sous la barre des 100%.
Entre le 16 mars et le 6 mai, 12.793 prisonniers en moins ont été recensés, dévoile Le Parisien. Au total, 89.782 personnes sont désormais derrière les barreaux, pour 61.109 places.
Cette situation a été rendue possible par une décision contestée de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, dans le cadre de la lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus. Elle a signé en mars des ordonnances assouplissant les conditions de libération anticipée, permettant de laisser partir plus tôt les prisonniers arrivant en fin de peine deux mois plus tard, tandis que des crédits de réduction de peine supplémentaire peuvent désormais être accordés aux détenus modèles.
volonté de diminuer les mises sous écrous
Cette baisse de la population carcérale s’explique aussi par une volonté du gouvernement de diminuer les mises sous écrous. Le 23 mars est entré en vigueur le volet «peines» de la loi de programmation et de réforme de la justice, prévoyant par exemple la suppression des celles de moins d’un mois ou leur aménagement lorsqu’elles sont entre six mois et un an. La création d’une détention à domicile, sous bracelet électronique, est également prévue.
Le ministère de la Justice espère ainsi que les prisons ne se rempliront pas trop vite une fois la crise sanitaire actuelle terminée.
![Certains mafieux emprisonnés ont profité d'une mesure sanitaire destinée à vider les prisons pour purger leur peine de chez eux (image d'illustration).[CARLO HERMANN / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/000_la41j_1_5ea98b2dd4dec_0.jpg?itok=OZv1Btfv)