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Coronavirus : les migrants particulièrement touchés par le Covid en Ile-de-France

Un taux de positivité de 55 % a été relevé dans les centres d'hébergement, les distributions alimentaires... Un taux de positivité de 55 % a été relevé dans les centres d'hébergement, les distributions alimentaires... [© FRANCOIS GUILLOT / AFP]

Quand la misère s'ajoute à la misère. En Ile-de-France, plus d'une personne en grande précarité sur deux, pour l'essentiel des migrants, a été infectée au Covid-19, selon la première étude du genre publiée ce mardi 6 octobre par l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Le rapport fait en effet état de «prévalences particulièrement élevées, surtout dans les foyers et les centres d'hébergement», avec un taux de positivité de 55 % dans les centres d'hébergement, les distributions alimentaires ou les foyers de travailleurs où MSF a conduit des tests.

Des résultats inédits pour cette enquête, décrite comme la toute première en France et en Europe à s'intéresser exclusivement au niveau d'exposition au virus parmi les grands précaires. Et de fait, celle-ci concerne essentiellement les étrangers, qui représentaient déjà 90 % de l'échantillon des 818 personnes testées par l'ONG.

«Les résultats démontrent une prévalence énorme. La raison principale est la promiscuité et les conditions d'hébergement qui ont généré des clusters, par exemple dans les gymnases où ces personnes ont été mises à l'abri à l'aube du confinement généralisé, commente Corinne Torre, cheffe de la mission France chez MSF.

Menée entre le 23 juin et le 2 juillet avec Epicentre, le centre d'épidémiologie qu'héberge MSF, l'étude révèle de fortes disparités selon les types de sites sur lesquels les personnes ont été testées. Ainsi, dans les 10 centres d'hébergement où elle intervient, le taux de positivité atteint 50,5 %, contre 27,8 % sur les sites de distribution alimentaire et 88,7 % dans les deux foyers de travailleurs migrants.

Une forte promiscuité

Mais rien d'étonnant finalement, puisque – selon l'étude – «le lieu de contamination [de ces personnes] a potentiellement pu être le lieu d'hébergement et de confinement», où règnent promiscuité et densité de population. Dans les foyers de travailleurs, par exemple, un tiers des résidents partagent une chambre avec 2 à 5 personnes, et 21 % avec plus de 5 personnes, tandis que dans les centres d'hébergement ou les hôtels, plus de la moitié (59 %) partagent la leur.

«C'est ce qu'on disait depuis le début, on savait que ces conditions d'accueil ne pouvaient pas fonctionner, que c'était impossible d'y respecter les gestes barrières», regrette d'ailleurs Corinne Torre, dénonçant en particulier la situation en gymnases, où MSF a été mandatée au début de la crise pour mener des tests. «Il faut changer de stratégie d'hébergement» ajoute-t-elle, soulignant que c'est cette politique d'hébergement qui est à l'origine de l'exposition de ces personnes au Covid.

De fait, le risque d'être infecté au coronavirus «dépend largement de la gestion» de chaque site. Ainsi, selon le centre d'hébergement où étaient logés les personnes testées, les moyennes de contamination pouvaient varier de 23 à 62 %, 18 à 35 % pour les sites de distribution alimentaire.

C'est principalement sur ces derniers lieux que MSF a croisé des précaires français, sans-abri ou simplement des personnes n'ayant pas les moyens d'accéder aux soins «et qui venaient dans nos cliniques mobiles», affirme la responsable de MSF. Quant aux foyers de travailleurs migrants, où vivent de nombreux précaires à l'instar des livreurs Deliveroo ou encore des chauffeurs Uber, la quasi-totalité des personnes testées ont été infectées.

aucune amélioration

Assez accablant, le rapport a été transmis au ministère de la Santé, où MSF doit être reçue ce mercredi 7 octobre. Et l'ONG espère un changement de braquet sur le sujet, explique Corinne Torre, «car on se retrouve aujourd'hui dans la même situation».

Aucune amélioration du traitement de l'accueil des étrangers n'a été constatées, avec un campement de migrants en banlieue de Paris où s'entassent 1.400 personnes selon MSF, qui y déploie une clinique mobile. «On craint que les mises à l'abri ne se fassent encore à l'arrache, avec des gens envoyés massivement en gymnases», dit-elle, craignant de repartir «dans le même schéma».

En France, le taux de positivité de la population générale oscille plutôt entre 5 et 10 %. Selon Santé publique France, il était à 8 % en fin de semaine dernière, et autour de 12 % sur Paris, là où se trouvent les principaux sites couverts par MSF.

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