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Paris : pourquoi le nombre d'annonces de logements meublés est en pleine explosion

La hausse du nombre d'annonces de meublés a augmenté de 185 % en un an. La hausse du nombre d'annonces de meublés a augmenté de 185 % en un an. [Thomas SAMSON / AFP]

C'est un contrecoup positif de la crise du coronavirus. Face à l'absence de touristes, de plus en plus de propriétaires de meublés touristiques – type Airbnb – les remettent sur le marché, au profit des Parisiens. Résultat : le nombre d'annonces de logements à louer explose dans la capitale.

Une tendance récente repérée par le site SeLoger, qui l'évoque ce mercredi 24 février dans un communiqué. Selon le groupe d'annonces immobilières sur Internet, Paris «est même la seule ville de France (avec Bordeaux) à compter davantage de meublés que de locations vides».

Sur le marché locatif de la capitale, «le taux de meublés atteint 52,5 % alors qu'il y a un an de cela, 49,8 % des biens loués l'étaient meublés», indique SeLoger. La hausse du nombre d'annonces de meublés est à peine croyable : + 185 % en un an.

D'après la plateforme immobilière, «cette poussée du meublé trouve son origine dans la transformation en locations meublées classiques de logements auparavant réservés aux touristes».

Une tendance aussi constatée par la mairie

Une observation également réalisée par Ian Brossat, l'adjoint PCF au logement à la mairie de Paris. «Nous constatons depuis septembre que certains logements qui étaient loués sur Airbnb sont désormais loués à des Parisiens, en l'absence des touristes. C'est une bonne chose», se réjouit-il auprès de CNews ce mercredi 24 février.

Mais cette tendance, pour qu'elle soit durable, suppose de relever de nouveaux défis. Le premier est immédiat et concerne les tarifs.

«Nous constatons en ce moment que des propriétaires qui louaient sur Airbnb, avec un taux de rentabilité élevé, mettent parfois des annonces à des prix au-dessus de ceux fixés par l'encadrement des loyers», relève Ian Brossat. Celui-ci appelle donc «les services de l'Etat à avoir une vigilance particulière sur ces biens» dans leurs contrôles.

D'autre part, à moyen terme, l'adjoint communiste souhaite que ces logements ne se retrouvent pas à nouveau proposés sur des plateformes Internet au moment du retour des touristes à Paris.

Pour cela, il compte sur les «outils juridiques désormais consolidés pour pénaliser ceux qui fraudent», après avoir remporté un nouveau bras de fer judiciaire la semaine dernière contre Airbnb. Et celui-ci de rappeler que cette décision de la cour de cassation va permettre à la capitale de «dégeler» 420 dossiers stoppés depuis 2 ans par des recours.

le référendum sur Airbnb repoussé

Enfin, reste la possibilité de faire peser le poids des Parisiens dans la balance, en organisant un référendum. D'ici à la fin 2021, l'équipe d'Anne Hidalgo souhaitait consulter les habitants sur leur volonté, ou non, d'abaisser le nombre de nuitées autorisées dans les meublés touristiques, actuellement de 120 par an.

Mais cette concertation populaire semble devoir être remise à plus tard à cause de la crise sanitaire. «Nous ne savons même pas si nous pouvons organiser des élections en temps et heure...», regrette Ian Brossat, qui souligne toutefois que l'idée du référendum «n'est pas enterrée».

L'objectif affiché de la maire de la capitale reste en effet, parmi les 60.000 logements proposés aux touristes sur les sites internet, d'en faire revenir le plus grand nombre possible sur le marché de la location traditionnelle.

Par ailleurs, deux autres villes de la région, voisines de Paris, connaissent une tendance comparable : Saint-Denis (93) enregistre une hausse de 250 % d'annonces de meublés et Boulogne-Billancourt (92) une augmentation de 176 %.

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