Les cahiers de pré-inscription se remplissent à vue d’œil dans les officines niçoises. A partir de lundi, les pharmaciens pourront vacciner les personnes âgées de plus de cinquante ans et ayant une comorbidité (comme l’obésité ou le diabète), les plus de 75 ans (avec ou sans comorbidité) et tous les soignants. Mais certains candidats à l'injection de ce vaccin ne cachent pas leur crainte depuis que certains pays ont décidé sa suspension.
Si les doses de sérum AstraZeneca sont déjà commandées, elles n’arriveront que lundi. En raison du conditionnement des vaccins qui seront livrés en flacons de 10 doses, les pharmaciens devront grouper tous les rendez-vous dans la même journée afin d’éviter le gaspillage. «Nous avons commencé à appeler les personnes inscrites pour leur demander de venir mardi, explique Anaël, pharmacienne, dans le quartier du Port de Nice. Nous ne pouvons pas donner de rendez-vous en dehors de cette journée. Les gens le comprennent. Nous demandons également à certains de se tenir en stand-by, en cas de désistement d’une personne inscrite». Les officines ne pourront donc vacciner que quelques jours par semaine. Avant l’injection du produit, chaque patient devra répondre à un long questionnaire sur son état de santé et ses traitements médicaux.
la méfiance gagne du terrain
Mais depuis la suspension par le Danemark, l’Islande et la Norvège du sérum AstraZeneca après plusieurs cas de thromboses, certains candidats à la vaccination ne cachent pas leur crainte. À tort ou à raison, le produit a mauvaise réputation. « Je préfère ne pas me faire vacciner et être très vigilante sur les gestes barrières plutôt qu’on m’injecte ce produit, confie Marie, une Niçoise de 65 ans. J’ai des problèmes de tyroïde. Je préfère éviter ».
La méfiance de certains à l’égard de ce vaccin réside aussi dans ses possibles effets secondaires. Un état grippal transitoire qui passe au bout d’un jour ou deux avec du paracétamol, selon les médecins. « Le rapport bénéfice-risque reste très positif, rassure le Professeur Milou-Daniel Drici, qui dirige le centre régional de pharmacovigilance de Nice-Alpes-Côte d’Azur. C’est par la vaccination que nous nous en sortirons ». Toutefois, deppuis quelques jours, certains pharmaciens Niçois enregistrent un infléchissement dans le rythme des inscriptions. « Nous constatons un ralentissement, explique Alexandre. Il y a même quelques désistements. Je pense qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »
